A Paris, la survie des médias passe par l’intégration de l’intelligence artificielle

Paris, 03 décembre 2025 (ACP).- L’intelligence artificielle (IA) a été présentée comme une opportunité pour la survie des médias, lors de la clôture, mercredi soir, du salon « Presse et Médias au Futur » auquel a participé l’Agence de presse de la République démocratique du Congo (ACP) à Paris, en France, réunissant plus de 200 opérateurs de la presse, des imprimeurs, des diffuseurs, des développeurs web, autour d’un enjeu central : «repenser le rôle des médias dans un paysage en pleine mutation».

« L’IA arrive comme quelque chose qui booste et accélère le travail, qu’il faut intégrer (…) En journalisme, l’IA permet de donner un nouveau souffle pour relancer la production et créer de nouveaux postes des rédacteurs spécialisés », a déclaré Éric Zuber, directeur général délégué de Revue fiduciaire, dans son exposé sur « l’intelligence artificielle : où en est la presse pro? ». « Cette période de nouveauté est une vraie opportunité pour beaucoup de métiers, y compris le journalisme. C’est tout un écosystème. Pas seulement la technique, mais aussi la création des données et des contenus de qualité« , a-t-il assuré.

Intervenant pour sa part sur comment «produire sans se perdre : l’IA comme levier d’efficacité au service de la ligne éditoriale», Stanislas de Livonnière, chef du service Data et innovation au Parisien, a dit recourir à l’IA pour «générer des fonctionnalités d’édition et d’aide à l’édition». «Nous implémentons l’IA pour notamment gagner du temps, pour pouvoir en passer davantage pour des tâches qui ont une plus grande valeur ajoutée», a-t-il ajouté, en nuançant : «Mais le gros sujet sur le modèle économique de l’IA, c’est celui du possible remplacement des éditeurs par l’intelligence artificielle. C’est une question qu’on ne peut pas éluder».  

Nouvelles solutions à la portée des éditeurs

«Au-delà des stratégies, le salon a mis en valeur les nouvelles solutions technologiques à la portée des éditeurs de contenu pour mieux produire, mieux vendre et mieux diffuser, et souligné l’impact de l’intelligence artificielle dans tous les domaines», a relevé Dorothée Thuot, présidente de DotEvents, organisateur de l’évènement, rappelant le fil conducteur de ce salon qui a voulu répondre à la question : «Comment interagir dans un écosystème résolument multimédia où print, digital, audio, TV, réseaux sociaux, s’entrecroisent et de complètent» ?

Intervenant pour sa part sur les défis qui attendent les médias à l’horizon 2050, François Defossez  a fait savoir que le numérique est au cœur du futur modèle économique de la presse. «Grâce à l’IA, on travaille aujourd’hui à la finalisation des process. On n’a pas encore les usages de demain, mais c’est sûr qu’on va vers plus de personnalisation», a-t-il projeté.

Mais pour que les médias puissent survivre, il leur faut «prioriser les choses, les habitudes qui incitent les gens à venir visiter leurs sites et pages de diffusion. La relation d’audience doit être centrée autour des besoins des utilisateurs», a suggéré Madeleine White, cofondatrice de la plateforme «The audiencers», dans son exposé sur  «le tour du monde des stratégies de conversion et de rétention des médias».

Le salon Presse et Médias organisé en deux jours, s’est clôturé avec la remise des trophées de l’innovation Presse et médias, distinguant les lauréats parmi les initiatives les plus performantes ou les plus remarquables de la profession. ACP/C.L.

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