Kinshasa, 12 août 2025 (ACP).- Aux dires des anciens, l’âge d’or de l’Agence congolaise de presse (ACP) se situe dans les années 1970 et au début de la décennie suivante. Quand l’ACP était véritablement la plaque tournante de l’information au cœur du continent africain. L’agence nationale disposait à l’époque des correspondants dans de grandes métropoles où se décidait la marche du monde : Bruxelles, Paris, Pékin, New York, Luanda, etc.
En plus, grâce à son partenariat avec d’autres grandes agences, dont l’Agence France presse (AFP), l’agence Belga, l’Agence Zaire presse (AZAP-actuelle ACP) avait la possibilité de couvrir l’information à travers le monde entier.
A l’époque, le Président Mobutu Sese Seko, un ancien journaliste, maitrisait parfaitement l’importance de chaque organe de presse. Aussi, lorsqu’il voulait s’adresser à la population, il amenait la radio et la télévision pour couvrir à Kinkole (dans l’Est de Kinshasa) ses célèbres et mémorables «meetings populaires ».
Mais lorsqu’il voulait s’adresser à la communauté internationale et en particulier à ses « meilleurs amis-ennemis belges », il utilisait l’AZAP et cela faisait mouche à chaque coup.
Le Président Mobutu ne se déplaçait jamais sans le permanent de l’ACP, dont celui qui a battu le record de longévité à ce poste reste Freddy Kalombo Lusambo d’heureuse mémoire. On rapporte que souvent, avant le décollage, le Président Mobutu s’informait si « le Muluba de l’AZAP était à bord ». Une information diffusée par l’AZAP et reprise par Belga tombait directement dans les bureaux des décideurs à Bruxelles. L’ACP étant une agence gouvernementale, cette information fait autorité jusqu’à ce jour comme ém anent du gouvernement congolais.
La descente aux enfers
La descente aux enfers de l’ACP, qui s’est enclenchée lorsque le Président Mobutu avait laissé tomber la gestion de la République au lendemain de son discours du 24 avril 1990, s’est accentuée avec la prise de pouvoir par l’AFDL en 1997. Quand un des dignitaires du nouveau régime, ne comprenant pas grand-chose à l’importance de l’ACP, voulait carrément et simplement que l’on supprime l’agence de la liste des entreprises congolaises au motif qu’elle ne produit pas de l’argent. Et pourtant, lui qui se disait Lumumbiste, aurait dû savoir que l’ACP a été la première entreprise créée par Lumumba après l’indépendance.
Il aura fallu que ce dignitaire, une fois nommé ambassadeur, et ne sachant où s’abreuver en nouvelles en temps réel et fiables sur ce qui se passait partout à travers la RDC, pour que ce dignitaire comprenne l’un des aspects importants de la nécessité pour tout pays de disposer d’une agence de presse performante.
L’ACP souffre depuis lors d’un manque d’un leadership clairvoyant dans le chef de ses dirigeants.
Le renouveau
Force est cependant de constater que l’arrivée à la tête de l’agence de l’actuelle équipe dirigeante, qui fait de la transition numérique son chef de bataille, fait renaitre l’espoir des lendemains meilleurs à l’ACP. Déjà, l’agence a fière allure avec des productions numériques de qualité, le lancement officiel imminent du fil d’actualité, l’ancrage dans les réseaux sociaux et la création de nouveaux services indispensables pour une agence de presse digne de ce nom : Service Agenda, Service Fact-cheking appelé ACP Debunkage, Service Info et images, etc.
On n’exagère rien en affirmant que l’ACP est désormais sortie de l’ornière comme le témoigne le boom sans cesse croissant des visites sur son site et ses plates-formes numériques. ACP/

