Bruxelles, 12 août 2025 (ACP).- Des souvenirs lointains nous reviennent de la période où l’Agence congolaise de Presse (ACP), alors Agence Zaïre Presse (AZaP) brillait de mille feux et assurait le rayonnement du pays à travers le monde, grâce à ses nombreux bureaux implantés à l’étranger, notamment à Bruxelles, à Paris et à Pékin.
C’est en 1969 que l’agence ouvre son premier bureau de représentation à l’étranger, précisément à Bruxelles, l’ancienne métropole sous la colonisation belge. Un choix stratégique, puisque Bruxelles devenait un lieu de référence qui abritera les institutions de la Communauté économique européenne (CEE). L’ACP y envoie des journalistes qui avaient été formés dans des médias partenaires en Belgique, en France et en Tunisie, notamment.
Fermé cinq ans plus tard, suite à des difficultés financières, il sera rouvert en 1981 et fera partie de la multitude d’autres entreprises de l’État présentes à Bruxelles comme la Gécamines, la Minière de Bakwanga (Miba), l’Onatra, la Sonatrad, la SNCC, l’Ogefrem, LA CMDC (CMZ) et la Banque centrale (Banque du Zaïre).
Grâce à son bureau de Bruxelles, l’ACP s’est affirmée au fil des ans, notamment durant les années 1970 et 1980, comme une source précieuse de l’information sur le Congo-Zaïre et, au-delà, un atout considérable pour la diplomatie congolaise. Dans les moments de grave tension diplomatique, avec la Belgique par exemple, c’est dans les lignes de l’AZAP que l’on pouvait comprendre l’état d’esprit de la population et des autorités, car l’agence avait toujours puisé ses informations à bonne source.
Mais il faut convenir que le centre névralgique a toujours constitué le Bureau de Bruxelles, grâce à sa présence dans le Royaume de Belgique, pays colonisateur et relai incontournable des relations multiformes entre les différents pays occidentaux et Kinshasa. La proximité avec les institutions de l’Union européenne dans la capitale belge a également concouru à la notoriété de la représentation du bureau bruxellois.
Importance de Bruxelles
Dans ce cadre, le bureau de représentation de l’AZaP à Bruxelles a, dans maintes occasions, servi, autant que l’ambassade du Zaïre, à la transmission des messages des dirigeants congolais à leurs interlocuteurs occidentaux, surtout lorsque devaient être préservées les sensibilités diplomatiques, principalement grâce au fil d’actualité qui liait en permanence et sans discontinuer l’agence sœur de la Belgique, l’Agence Belga, ainsi que l’Agence Zaïre Presse via son téléscripteur branché à son Bureau européen et relié au siège central de Kinshasa.
Le pic aura constitué la grande crise politique entre le Zaïre et la Belgique dans les années 1990 où, dans un scénario similaire à celui de la guerre froide, les deux capitales, Bruxelles et Kinshasa, se renvoyaient la balle par communiqués de presse interposés, parfois incendiaires, à travers leurs agences, Belga et l’AZaP par son bureau européen.
Le fonctionnement du bureau de Bruxelles, on le sait, a été intimement lié à la situation économico-politique à l’intérieur du pays. La période des conférences nationales à travers l’Afrique, et principalement en République du Zaïre en 1991-92, va littéralement assommer l’agence, qui va d’abord être théoriquement fermée sur décision du gouvernement Kengo wa Dongo pour cause de difficultés financières, sans que le personnel ne soit jamais rapatrié, pour la même cause, avant de mettre réellement la clé sous le paillasson en 1996, à la suite des difficultés de fonctionnement après la débâcle politique et socio-économique du pays.
Les agents refusent alors d’occuper un local offert à l’ambassade du pays afin de préserver son indépendance et sa liberté en tant que personnel des médias, préférant poursuivre l’exercice de leur profession en télétravail, le métier de journaliste permettant d’exercer en dehors d’un bureau physique.
Il faut souligner que la représentation européenne de l’AZaP a fonctionné tout au long de son cheminement à la grande satisfaction de l’État congolais, qui en avait fait un précieux outil de sa diplomatie, comblant ainsi dans certains coins du monde le déficit du pays en matière de communication, avec une rentabilité politique et diplomatique indiscutable aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières nationales.
La reprise en 1997 de l’appellation de l’Agence congolaise de Presse, son nom de naissance six semaines après l’indépendance du pays le 30 juin 1960, va surprendre le personnel alors que chaque agent poursuivait son travail à domicile.
Plusieurs tentatives ont été développées dans l’entre-temps pour rouvrir le bureau européen de l’Agence nationale, compte tenu de sa position stratégique. Mais elles se sont butées à un manque de leadership, parfois à la boulimie de certains dirigeants, qui ont utilisé les moyens mis à disposition à d’autres fins.
Un pas vers la réouverture à l’extérieur
Ce n’est que le 8 juin 2023, soit 27 ans après sa fermeture, qu’un bureau de liaison est ouvert, comme une étape préliminaire vers la réouverture d’un véritable bureau de représentation. Cette ouverture constitue « un pas important qui mérite d’être soutenu et encouragé, eu égard à la position stratégique de la capitale belge, siège de l’Union européenne et de l’OTAN, et dont le pays héberge une grande communauté congolaise qui a besoin de connaître les réalités vraies de la RDC, mais aussi pour la communauté internationale, dont Bruxelles constitue une des plaques tournantes de la diplomatie internationale », a reconnu le Directeur général de l’ACP, M. Bienvenu Bakumanya, à cette occasion.
C’est ici l’occasion de saluer la direction générale de l’Agence congolaise de Presse, avec l’accompagnement du Ministre de la Communication et des Médias, M. Patrick Muyaya, pour cette initiative qui s’inscrit dans le cadre de la renaissance de la République démocratique du Congo et de la vision du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo de remettre le pays sur l’échiquier international.
Dans la foulée, un deuxième bureau extérieur a été ouvert à Rome, en Italie, à la demande de la représentation diplomatique de la RDC qui a mesuré l’importance de la présence médiatique du pays dans ce pays qui abrite le Saint-Siège et où se déroulent plusieurs activités religieuses et séculières intéressant la forte communauté congolaise résidant ou en séjour dans la Péninsule. ACP/

