Bruxelles, 19 mai 2026 (ACP).- Le combat pour la vérité sur l’assassinat du premier Premier ministre de la République démocratique du Congo, Patrice Emery Lumumba, se poursuit après le décès de l’ancien diplomate belge, Étienne Davignon, a indiqué sa famille dans un communiqué parvenu mardi à l’ACP.
« Cette disparition entraîne certes l’extinction de l’action pénale engagée à l’encontre de M. Davignon, mais ne saurait occulter l’importance historique des développements intervenus au cours des dernières années », a-t-on lu.
« La recherche de la vérité et de la justice ne peut être interrompue par la disparition des personnes mises en cause », a précisé la famille Lumumba, affirmant sa volonté de poursuivre les démarches judiciaires engagées depuis plusieurs années, avant de rappeler notamment la décision de la chambre du conseil de Bruxelles, le 17 mars 2026, ayant ordonné le renvoi de l’ancien homme d’État belge devant le tribunal correctionnel, une étape qualifiée d’historique dans un dossier ouvert depuis quinze ans.
La procédure sur des frais présumés à l’enlèvement
Cette procédure porte sur des faits présumés liés à l’enlèvement, au transfert et aux traitements infligés à Patrice Lumumba, premier chef de gouvernement du Congo indépendant, ainsi qu’à Maurice Mpolo et Joseph Okito, avant leur assassinat le 17 janvier 1961.
Selon ce document , les réquisitions du parquet fédéral et la décision de la chambre du conseil constituent une avancée majeure dans la recherche de la vérité et des responsabilités, dans un dossier qualifié de sans précédent en Belgique et en Europe en matière de crimes liés à la période coloniale, expliquant que le parquet fédéral avait requis des poursuites pour des faits qualifiés de crimes de guerre, notamment la détention et le transfert illicites d’un prisonnier, la privation du droit à un procès équitable, ainsi que des traitements humiliants et dégradants.
Les avocats de M. Davignon avaient interjeté appel de la décision du 17 mars. Une audience prévue le 8 juin devant la chambre des mises en accusation devait statuer sur la suite de la procédure, désormais rendue sans objet par le décès de l’intéressé.
De nouvelles démarches envisagées contre l’État belge
La famille Lumumba a indiqué néanmoins vouloir engager de nouvelles démarches, notamment sur le plan civil, visant également la responsabilité de l’État belge, estimant nécessaire d’établir une responsabilité juridique au-delà de la reconnaissance morale déjà exprimée par la Belgique en 2001.
Étienne Davignon, âgé de 93 ans, était la dernière personnalité encore en vie visée par la plainte introduite en 2011 dans ce dossier judiciaire lié à l’assassinat de Patrice Emery Lumumba.
Patrice Emery Lumumba, premier Premier ministre de la République démocratique du Congo indépendante, a été assassiné le 17 janvier 1961 aux côtés de Maurice Mpolo et Joseph Okito. Son assassinat demeure l’un des dossiers les plus sensibles de l’histoire politique congolaise et des relations entre la RDC et la Belgique. En 2001, une commission parlementaire belge avait reconnu une « responsabilité morale » de la Belgique dans ce drame. La plainte déposée en 2011 par la famille Lumumba a conduit à l’ouverture d’une procédure judiciaire inédite en Belgique concernant des faits qualifiés de crimes liés à la période coloniale.
ACP/C.L.

