Kinshasa, 18 décembre 2025 (ACP).- Des sanctions américaines contre les actions militaires du Rwanda dans l’Est de la République démocratique du Congo, pour faire respecter les accords signés à Washington, sous l’égide du président américain Donald Trump, ont été envisagées, a affirmé un stratège politique américain, dans un entretien mercredi avec l’ACP.
« Je pense qu’en élevant le conflit RDC-Rwanda au niveau présidentiel, cela crée une responsabilité. L’accord vient d’être signé, et les Rwandais sont en violation directe. J’ai rencontré les membres du congrès et autres, tout le monde est au courant. En ce moment même, des réunions sont en cours à la Maison blanche pour déterminer les lignes de conduite pour répondre à ces violations liées aux actions du Rwanda », a déclaré Joseph Szlavik-Soto, stratège politique américain.
« Si les États-Unis le veulent, ils peuvent rendre la situation très dure pour n’importe quel acteur de la région, en particulier, le Rwanda qui dépend fortement de l’assistance américaine », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Joseph Szlavik-Soto a indiqué le rôle que les États-Unis peuvent jouer pour mettre un terme à ces hostilités. Il a insisté sur le fait que les États-Unis disposent déjà des preuves sur l’implication du Rwanda dans cette agression.
« En utilisant les M23, cela permet de déconnecter techniquement l’implication du Rwanda, mais la réalité, c’est que les États-Unis et les Britanniques disposent des nombreux renseignements prouvant catégoriquement que les forces de défense rwandaise sont intégrées aux M23. Le groupe d’experts parlait de 1000 soldats, mais j’ai vu un rapport qui parle de 4000 soldats rwandais au Congo. Ils utilisent un groupe de Congolais marginalisés, dont certains ont des origines rwandaises. Kagame a réussi à maintenir un contrôle efficace de la partie orientale de la RDC depuis plus de 20 ans pour des raisons principalement économiques », a-t-il fait savoir, revenant sur la redevabilité du régime Kabila, face au Rwanda et l’Ouganda.
« Lorsque Félix Tshisekedi est arrivé au pouvoir, les relations entre la RDC et le Rwanda étaient bonnes, Tshisekedi dialoguait avec tous ses voisins, il y avait une dynamique positive. Vous devez comprendre que Laurent-Desiré Kabila et Joseph Kabila doivent en partie leur arrivée au pouvoir à l’Ouganda et au Rwanda, il y avait donc une certaine allégeance dans les administrations précédentes ; Mobutu a été chassé grâce au rôle décisif des Ougandais et des Rwandais, bien que l’Angola et le Zimbabwe ont été aussi essentiels pour maintenir Kabila au pouvoir. Mais le Président Tshisekedi n’a aucune obligation envers le Rwanda ou l’Ouganda. Il n’est redevable en rien, c’est une approche complètement différente », a précisé le stratège américain.
Joseph Szlavik-Soto est un lobbyiste américain, consultant en stratégie et politologue. En décembre 2025, il intervient activement dans les médias comme expert des relations entre les États-Unis et l’Afrique, particulièrement sur les enjeux sécuritaires et économiques en République démocratique du Congo (RDC). ACP/C.L.

