Kinshasa, 11 septembre 2025 (ACP).- « Les civils ne sont pas des cibles », a rappelé le Coordonnateur humanitaire de l’ONU en République démocratique du Congo, après deux attaques armées meurtrières contre des populations dans le territoire de Beni au Nord-Kivu, dans l’Est du pays, selon un communiqué consulté jeudi par l’ACP.
« Je rappelle instamment à tous les acteurs armés que les civils ne sont pas des cibles (…). Je suis profondément choqué par la brutalité de ces attaques contre des personnes civiles sans défense. J’exprime mes sincères condoléances aux familles des victimes et à leurs proches. J’en appelle à l’obligation absolue de protéger les civils et de respecter le droit international humanitaire », a dit Bruno Lemarquis, coordonnateur humanitaire des Nations Unies en RDC, cité par la source.
Selon le document, c’est depuis la mi-août que la communauté humanitaire a observé une recrudescence des attaques des Forces démocratiques alliées (ADF), qui ont fait au moins 140 morts et entraîné des déplacements massifs des populations et l’abandon de villages entiers.
Aux côtés de la communauté humanitaire, a rapporté le communiqué, le coordonnateur humanitaire de l’ONU a entrepris des concertations avec les autorités provinciales du Nord-Kivu afin de renforcer la protection des civils et d’adapter la réponse aux besoins les plus urgents.
« Les humanitaires restent mobilisés pour répondre aux besoins urgents des personnes affectées par ces violences récurrentes, mais la baisse des financements contraint de nombreux acteurs humanitaires à réduire leurs opérations essentielles pourtant vitales », a déploré M. Lemarquis.
Un appui financier immédiat sollicité pour continuer à sauver des vies
Selon le même document, en ce début du dernier trimestre de l’année 2025, le plan de réponse humanitaire 2025 pour la RDC, qui requiert 2,6 milliards de dollars afin d’apporter une aide vitale à 11 millions de personnes, est financé seulement à hauteur de 15 %. « Un appui financier immédiat est indispensable pour continuer à sauver des vies », a martelé Bruno Lemarquis.
Par ailleurs, la source a souligné que les solutions politiques, le travail sur les causes sous-jacentes des conflits, la prévention des conflits et le renforcement de la résilience restent tout aussi prioritaires pour briser ce cycle infernal de violence, et alléger la souffrance humaine.
Ces deux attaques armées perpétrées dans la nuit du 8 au 9 septembre contre des populations civiles au Nord-Kivu ont été attribués au groupe ADF. La première, qui s’est produite dans le village de Ntoyo, dans le territoire de Lubero, a coûté la vie à au moins 71 personnes. Et la seconde, menée dans le village de Fotodu, dans le territoire de Beni, a fait 18 morts.
Au total, elles ont causé la mort de 89 civils dans la même nuit. Elles sont intervenues après celles commises par les groupes armés « coopérative pour le développement du Congo » (Codeco) et « Zaïre » contre des civils dans la province de l’Ituri en juillet.
ACP/C.L.

