Fiscalité en RDC: la Première ministre Suminwa opte pour des réformes ambitieuses

Kinshasa, 11 septembre 2025 (ACP).- La fiscalité est un instrument de partenariat entre l’État et les opérateurs économiques pour assurer la prospérité commune, a indiqué la Première ministre lors du lancement jeudi à Kinshasa, en République démocratique du Congo, de la Campagne de vulgarisation de la réforme de la fiscalité directe.

« La fiscalité doit être perçue non pas comme un obstacle, mais comme un instrument de partenariat entre l’État et les opérateurs économiques en vue d’assurer la prospérité commune », a dit Judith Suminwa, Première ministre.

La Cheffe du Gouvernement a fait savoir que la réforme fiscale dans laquelle le pays est engagé, devrait permettre une mobilisation accrue et efficace des recettes publiques et faciliter ainsi la matérialisation du programme d’action 2024-2028 de son gouvernement.

« C’est pourquoi, nous devons aller de l’avant avec des réformes ambitieuses capables de doter notre pays des moyens financiers nécessaires pour financer ses politiques sociales, sécuritaires et infrastructurelles », a-t-elle martelé.

Elle a rappelé que depuis plus d’un demi-siècle, la RDC a expérimenté la taxation du revenu basée sur un système cédulaire institué par l’ordonnance relative aux impôts cédulaires de revenus. Ce système, a-t-elle précisé, n’avait pas distingué clairement la fiscalité des sociétés et celle des personnes physiques. Au point de créer une disparité fiscale où deux personnes physiques, disposant d’un revenu identique, pouvaient être soumises à des charges fiscales différentes selon la nature de leur revenu.

« Cette complexité entrave non seulement le civisme fiscal, mais facilite également la corruption en augmentant les interactions entre les fonctionnaires et les contribuables. De plus, ce système ne favorisait pas la responsabilisation individuelle des citoyens dans le paiement des impôts », a indiqué Judith Suminwa.

Aussi, a-t-elle ajouté, il ne permettait pas non plus à la RDC de se conformer aux normes internationales en vigueur dans la plupart des Etats, ce qui compliquait notamment la négociation des conventions fiscales visant l’élimination de la double imposition et la prévention de l’évasion fiscale en matière d’impôts sur les revenus entre les différents pays.

« En vue d’y remédier, le Gouvernement a engagé la réforme de la fiscalité directe (…), ce qui permettra à la RDC de se hisser au rang des nations qui mettent la fiscalité au service de l’équité et du développement. Cependant, une réforme, aussi ambitieuse soit-elle, ne peut réussir sans l’adhésion et l’accompagnement de l’ensemble des parties prenantes », a-t-elle martelé.

Appel à des réformes pour préserver le climat des affaires

A cet effet, la Cheffe du Gouvernement a invité le ministère des Finances, à travers la Direction générale des impôts (DGI), à conduire ces réformes dans un esprit de synergie avec le monde des affaires, en tenant compte des préoccupations légitimes du secteur privé afin de préserver le climat des affaires.

« L’heure est venue pour notre pays de franchir le cap décisif. (…) Sous le leadership du Président de la République, et grâce à l’engagement du Gouvernement avec l’appui du secteur privé et de la société civile, nous réussirons à bâtir un système fiscal qui garantira à notre nation de ressource nécessaire pour financer son développement », a rassuré la Première ministre.

ACP/C.L.

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