Bonne gouvernance : pour une sensibilisation permanente aux missions de la Cour des comptes (Président Tshisekedi)

Kinshasa, 12 septembre 2026 (ACP).- La création d’ un mécanisme permanent de sensibilisation des membres du gouvernement, autour des missions et procédures de la Cour des comptes de la République démocratique du Congo ( RDC), a été demandée par le Chef de l’ Etat, à son président et à la Première ministre, d’après le compte rendu, du 98ème Conseil des ministres, lu vendredi à la télévision nationale.

« (…)le Président de la République a engagé le premier président de la Cour des comptes à s’y rapprocher de la Première ministre et chef du gouvernement, afin de mettre en place un mécanisme permanent de sensibilisation et de vulgarisation à l’intention des membres du gouvernement, sur les textes, les missions, les compétences et les procédures de la Cour des comptes , de manière à en assurer une compréhension commune et à prévenir toute logique de confrontation institutionnelle », a indiqué Patrick Muyaya, ministre de la Communication et medias, en lisant le compte rendu.

« Cette sensibilisation devra notamment porter sur la distinction notamment entre faute de gestion et gestion des faits, la responsabilité des ordonnateurs, la portée des immunités de ministres et gouverneurs, les rapports entre ordonnateurs et comptables publics, ainsi que les garanties encadrant la compétence juridictionnelle de la Cour des comptes », a soutenu Félix Tshisekedi, cité par le Porte-parole du Gouvernement.

Renforcement du combat contre la criminalité financière et l’impunité

Le Président Tshisekedi a précisé que cette démarche s’inscrit dans le cadre du renforcement du contrôle juridictionnel de la Cour des comptes et de la responsabilité financière des gestionnaires publics.


A l’ entame de sa communication, le Chef de l’ Etat congolais a rappelé que lors de la dernière rentrée judiciaire de la Cour des comptes inaugurant l’année judiciaire 2026-2027, il avait particulièrement retenu deux questions majeures, à savoir la redevabilité des agents publics et la gestion des faits, entendues comme l’émission sans qualité des comptes à public dans les maniements ou la conservation des déniers publics.

Il a indiqué que le développement récent de l’activité juridictionnelle de la Cour des comptes, notamment les procédures visant certains gouverneurs de province et le contrôle de la gestion des comptables publics, traduisent l’instauration progressive d’un véritable régime des responsabilités financières, qui appelle toutefois une clarification de son application.

« Une telle clarification qui ne saurait constituer une quelconque intervention dans les procédures en cours ni porter atteinte à l’indépendance de la Cour doit permettre aux gestionnaires publics de mieux connaître leurs responsabilités et de prévenir les irrégularités dans la gestion des finances publiques », a fait savoir le Chef de l’ Etat.

Il a précisé que la responsabilisation désormais étendue aux différents acteurs de la chaîne financière: ordonnateurs, comptables publics, entreprises et établissements publics, ainsi que de comptables de faits, doit être comprise  » non comme une entrave à l’action publique,mais comme un instrument de bonne gouvernance,
de protection des déniers publics et de lutte contre la criminalité silencieuse et l’impunité ».

Le Président de la République a rappelé, par ailleurs, que la Cour des comptes doit poursuivre l’accomplissement de ses missions avec professionnalisme et dans le strict respect des textes qui la régissent et des compétences dévolues aux autres institutions afin de contribuer efficacement à l’amélioration de la gouvernance et à la préservation des ressources publiques.

ACP/ S N

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