Crash à Kenge, une occasion de réflexion sur l’état des infrastructures au Bandundu

Kinshasa, 08 octobre 2026 (ACP).- Un appel à la réflexion collective pour le développement de l’espace Grand Bandundu a été lancé, par un analyste sociopolitique, dans un échange jeudi avec l’ACP, après le crash survenu à Kenge, chef-lieu du Kwango, une province du Sud-ouest de la République démocratique du Congo.

« Le crash de Kenge constitue avant tout une tragédie humaine appelant compassion et solidarité à l’égard des victimes et de leurs familles. Mais au-delà de l’émotion, cet événement suscite une réflexion collective sur les conditions de sécurité et sur l’état des infrastructures dans la région. Il ne faudrait pas limiter cette réflexion à la seule question aéronautique mais elle doit également porter sur les routes, les infrastructures sanitaires et scolaires, l’énergie, l’eau, les transports, l’agriculture et les équipements économiques », a soutenu Jean-Aimé Mbiya, analyste socio-politique.

Pour lui, le Grand Bandundu dispose d’importantes ressources humaines. Ses ressortissants sont présents dans les institutions publiques, les entreprises, les universités et différentes organisations nationales et internationales. « Il est donc légitime de s’interroger sur les moyens de transformer cette présence en une dynamique collective de développement », a-t-il insisté.

Il a fait savoir que l’État central a une responsabilité importante dans l’aménagement du territoire, la réalisation des infrastructures et la fourniture des services publics.

« Mais je pense qu’il serait réducteur d’attribuer l’ensemble des difficultés du Grand Bandundu aux seuls Chefs de l’État. Au cours des différentes périodes politiques, des ressortissants de cette région ont également exercé des responsabilités au niveau national et provincial. Certains ont été ministres, parlementaires, gouverneurs, hauts fonctionnaires ou dirigeants d’entreprises », a-t-il fait remarquer.

Il a insisté sur la nécessité d’intégrer cette dimension dans l’analyse, car la question ne devrait pas être uniquement de savoir qui est responsable, mais aussi de déterminer ce qui peut être fait aujourd’hui pour améliorer durablement la situation.

Les élites  exhortées à faire leur propre bilan

En outre, M. Mbiya, également vice-président et représentant adjoint chargé de la Politique et de la diplomatie de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi) aux États-Unis, a exhorté les élites à accepter de faire leur propre bilan.

« Je pense que les élites doivent accepter de faire leur propre bilan. Lorsqu’un responsable a exercé des fonctions importantes, il est légitime de lui demander quelle contribution il a pu apporter à l’amélioration des conditions de vie de la population », a-t-il affirmé.

« Aux anciens ministres, on peut demander quelles politiques ou quels investissements ils ont pu défendre. Aux parlementaires, quelles initiatives qu’ils ont portées et quels résultats ils ont obtenus et aux responsables provinciaux, quel héritage institutionnel et infrastructurel ils ont laissé, etc », a-t-il poursuivi.

L’expert en administration publique a, à cette occasion, insisté sur le rôle des parlementaires et des responsables provinciaux, avant de demander aux jeunes du Grand Bandundu de considérer le développement de leur région comme une responsabilité générationnelle.

« Ils doivent investir dans la connaissance, l’entrepreneuriat, l’innovation, la citoyenneté et la participation à la vie publique. Le développement ne peut pas reposer uniquement sur les générations précédentes », a-t-il insisté.

Cet échange a permis à l’analyste sociopolitique de faire une évaluation des responsabilités à différents niveaux et d’inviter les élites originaires du Grand Bandundu à dépasser les clivages politiques pour élaborer une stratégie commune en matière d’infrastructures, de santé, d’éducation, de transport, d’énergie et de développement économique.

Le crash de cet avion survenu le 25 septembre a causé la mort de deux hauts magistrats militaires et leur délégation. Le Gouvernement de la RDC avait décidé, sur instruction du Chef de l’Etat et Commandant suprême des FARDC, la mise en berne  des drapeaux sur toute l’étendue du territoire national, en signe de deuil et de recueillement après la disparition tragique de ces deux hauts officiers généraux et leur délégation.

Cette mesure est d’application, jusqu’à l’inhumation des illustres disparus dont le Lieutenant-général Joseph Mutombo Katalayi, Premier président de la Haute Cour militaire, et le Lieutenant-général Lucien-René Likulia, Auditeur général des FARDC.

ACP /HaPh/PoNt

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