Des fraudes dans la gestion du spectre des fréquences radioélectriques, objet d’une thèse

Kinshasa 18 décembre 2025 (ACP).- La typologie des fraudes aggravées dans la gestion du spectre des fréquences radioélectriques a fait l’objet, jeudi, d’une thèse doctorale à l’Université pédagogique nationale (UPN) à Kinshasa,  capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

« En République démocratique du Congo, la gestion du spectre des fréquences radioélectriques, ressource stratégique immatérielle rare mais combien indispensable à l’économie numérique et à la connectivité régionale, est compromise par de graves vulnérabilités de gouvernance. L’absence de transparence et l’édiction de normes permissives ont fini par créer un terrain fertile pour des fraudes aggravées, établissant de ce fait des circuits sophistiqués de blanchiment des capitaux. Cette situation met en mal les défis de gouvernance nationale et interroge la capacité de l’État à se conformer aux exigences du régime international de Lutte Contre le Blanchiment des Capitaux, LCBC en sigle, notamment aux 40 Recommandations du GAFI », a déclaré Jean-Claude Mvemba, récipiendaire et auteur de la thèse.

« Notre thèse de doctorant établit un lien direct quant à ce. En effet, la gestion illicite dudit spectre est le vecteur et le substrat du blanchiment. Au-delà des impératifs internationaux, l’étude rappelle que la sécurisation de cette ressource au plan national est une règle de pratique congolaise qui conditionne le progrès. Le spectre est à ce jour un puissant moteur de développement et l’État doit en faire son cheval de bataille en ce qui concerne sa gestion. La dichotomie structurelle entre régulation des PTNTIC et économie numérique, aggravée par le risque lié à l’Intelligence Artificielle, (IA), ne peut plus être tolérée », a-t-il ajouté.

Selon le récipiendaire, cette étude démontre que la souveraineté nationale de la RDC et son positionnement géostratégique sont indissociables de la sécurité de ses infrastructures critiques, comme le Backbone national à fibre optique.

« A cet effet, je plaide avec force pour que les autorités mettent en œuvre une restructuration normative immédiate pour une bonne réglementation en matière de gestion du spectre; l’intégration des cadres sectoriels et l’adoption d’un modèle de gouvernance numérique souverain et l’élaboration et le financement d’une formation stratégique en technologies de pointe pour les experts et les régulateurs nationaux », a plaidé Jean-Claude Mvemba.

Selon l’auteur, la sécurisation du spectre des fréquences radioélectriques est pour la RDC l’ultime frontière de sa souveraineté.

Au terme de cette étude, couvrant la période de 2002 à 2025, il s’est avéré que l’avenir de la RDC est collé à sa capacité à sécuriser son spectre numérique.

« Des autorités placées au haut sommet de l’Etat doivent impérativement en prendre connaissance et mettre en place les mesures idoines pour sauver la nation, car il y a danger en la demeure », a-t-il martelé.

C’est sur une note de plus grande distinction que Jean-Claude Mvemba N’samba a été proclamée docteur en relations internationales. ACP/C.L.

Fil d'actualités

Sur le même sujet