Kinshasa, 29 août 2026 (ACP).- Le choix de commencer le dialogue national sur la paix, la cohésion et la refondation de l’État convoqué par le président de la République démocratique du Congo par des consultations provinciales, a été considéré comme une orientation pertinente et responsable, a indiqué samedi à l’ACP une actrice politique.
« Nous saluons le choix du président de la République, Félix Tshisekedi, de débuter le dialogue national sur la paix, la cohésion et la refondation de l’État, par des consultations au niveau des provinces. Il s’agit là d’une orientation pertinente et responsable car la République ne peut plus être pensée exclusivement depuis Kinshasa étant donné que les réalités sécuritaires, économiques, sociales, foncières, administratives et communautaires diffèrent considérablement d’une province à une autre », a déclaré Me Merveille Mulamba, secrétaire générale de l’Union des associés retrouvés pour le renouvellement du leadership congolais (UARRLC), une plateforme politique.
Elle a souligné que cette approche devrait permettre aux provinces de s’exprimer réellement sur les problèmes des crises à répétition qui sévissent au pays, avant de marteler que leur parole doit être recueillie, documentée et intégrée dans les conclusions nationales.
Cette juriste a invité le peuple congolais à s’approprier cette initiative “ souveraine” conçue par les Congolais et qui sera conduite sur le territoire national.
Cependant, Me Mulamba, également coordonnatrice de la Synergie des jeunes femmes candidates (SJFC), a estimé que les pourparlers ainsi convoqués ne peuvent devenir ni une rencontre de plus ni un espace de repositionnement politique, mais au contraire un véritable mécanisme de recherche de solutions aux causes profondes des crises que traverse notre pays.
Elle relève par ailleurs que la crédibilité de ces assises nationales dépendra de la qualité de la représentation.
« Les jeunes, les femmes, la société civile, les organisations professionnelles, les universitaires, les entrepreneurs, les personnes vivant avec handicap ainsi que les communautés locales ne doivent pas être conviés à cette grand-messe uniquement pour satisfaire à une exigence de représentativité formelle. Ils doivent disposer d’un véritable espace pour formuler des propositions concrètes et participer activement à la construction des solutions », a-t-elle fait savoir.
Pour cette actrice politique, la jeunesse congolaise, qui constitue une part déterminante de la population et qui subit directement le chômage, la précarité, les conflits et l’insuffisance des perspectives économiques, doit occuper une place substantielle dans ce processus.
Ne pas tomber dans le partage de postes
La secrétaire générale de l’UARRLC s’est jointe à la vision du Président Tshisekedi pour signifier que cette table ronde doit dépasser les questions de postes, de partage des responsabilités ou de repositionnement politique pour s’attaquer aux véritables problèmes structurels du pays: sécurité, fonctionnement de l’État, justice, gouvernance, corruption, emploi, développement des provinces, cohésion nationale et participation citoyenne.
Elle devra produire des engagements précis, mesurables et évaluables.
“Nous devons sortir de la culture des grandes résolutions qui disparaissent aussitôt les assises terminées”, a dit Me Mulamba, avant d’affirmer que la plateforme est entièrement disposée à contribuer activement à ce processus.
Pour cela, elle compte maintenant entamer des consultations à travers ses différentes coordinations provinciales afin d’identifier les préoccupations spécifiques de chaque province et de construire un cahier des charges national commun, a-t-elle assuré.
“Notre ambition ne doit pas être simplement d’obtenir une place autour de la table, mais nous devons arriver avec quelque chose à défendre. Notre contribution devra porter sur une vision claire de la paix, de la cohésion nationale, du renouvellement du leadership, de la participation effective de la jeunesse et des femmes, de la bonne gouvernance et de la reconstruction d’un État capable de répondre aux aspirations de sa population”, a conclu Me Mulamba.
Dans son adresse à la nation, le Président de la République Félix Tshisekedi, a annoncé la convocation d’un dialogue national sur la paix, la cohésion et la refondation de l’État. Ce dialogue conçu par les Congolais et pour les Congolais, se distingue par son ancrage territorial, sa méthode et sa nature. Il ne débutera pas à Kinshasa, capitale de la RDC, mais au cœur de 25 provinces, des territoires et des communautés. Une vaste consultation politique et technique sera organisée dans chaque province. ACP/ AE

