Dialogue national : les « verrous » posés par le Président Tshisekedi décryptés par un député

Kinshasa, 28 août 2026 (ACP).- Le député national Olivier Kasanda a estimé, vendredi, dans un entretien à l’ACP, que l’allocution du Président de la République démocratique du Congo(RDC), Félix Tshisekedi, jeudi, sur le Dialogue national a surtout fixé un cadre strict, entre ouverture politique, respect des institutions et exclusion de toute légitimité acquise par les armes.

« Ce n’est pas un discours d’ambiance. C’est un texte de doctrine », a-t-il déclaré, soulignant que le Président Félix Tshisekedi a « fermé des portes que certains voulaient rouvrir », tout en encadrant celles qu’il a entrouvertes.

L’élu de Lukunga, à Kinshasa, a particulièrement retenu le diagnostic présidentiel sur les causes récurrentes des crises congolaises, tout en citant le recours au partage du pouvoir au détriment de la consolidation de l’État, des processus souvent conçus loin des populations et l’absence de mécanismes suffisamment contraignants pour assurer l’exécution des engagements.

« Reconnaître cela n’est pas un exercice de contrition. C’est une condition de crédibilité », a-t-il affirmé, estimant que le nouveau Dialogue doit tirer les leçons de la Conférence nationale souveraine, de Sun City et des autres processus ayant marqué l’histoire politique récente du pays.

« L’enjeu dépasse donc la recherche d’un compromis politique immédiat. Le processus doit permettre de traiter les causes structurelles des crises et de poser les bases d’un État plus solide, capable d’assurer durablement la sécurité, la justice et la cohésion nationale », a indiqué M. Kasanda.

Trois « verrous » posés par le Président

Il a également insisté sur la distinction opérée entre le Dialogue national et les processus diplomatiques consacrés à la crise sécuritaire dans l’Est, tout en relevant trois principaux « verrous » : le maintien des institutions jusqu’au terme constitutionnel de leurs mandats, la séparation entre les différents cadres de négociation et le refus de transformer la puissance militaire en légitimité politique.

« L’arme ne crée pas un droit supérieur au bulletin. La conquête militaire ne se convertit pas en légitimité », a-t-il dit, indiquant que l’inclusivité annoncée par le Président ne signifie donc pas l’effacement des principes.

« Les opinions politiques, les critiques et les différentes appartenances sociales, territoriales ou culturelles peuvent être représentées, mais cette ouverture ne peut servir de moyen d’accès à la légitimité politique pour les acteurs engagés dans la lutte armée », a fait savoir Olivier Kasanda.

Le député national a, par ailleurs, relevé la séparation des responsabilités entre les différents processus, expliquant que Washington concerne principalement le volet interétatique avec le Rwanda, Doha traite les questions liées aux hostilités avec l’AFC-M23, tandis que le Dialogue national doit s’intéresser aux fractures internes et à la refondation de l’État.

« On ne fera pas entrer par Kinshasa ce que Doha et le droit international refusent de légitimer », a-t-il soutenu.

ACP/P M

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