Kinshasa, 31 août 2026 (ACP).-Une délégation du Conseil canadien de représentation des communautés congolaises (CCRCC) a plaidé lundi, au cours d’une audience lui accordée par l’ambassadeur de la République démocratique du Congo(RDC) au Canada, pour la participation de la diaspora congolaise établie au Canada au Dialogue national, a appris l’ACP de source associative.
« La diaspora congolaise du Canada doit participer au Dialogue national comme une composante distincte et organisée. La voix de la diaspora congolaise du Canada ne se proclame pas : elle se construit, se documente et rend compte », a déclaré Raymond Kashiba, président-directeur général du Conseil canadien de représentation des communautés congolaises.
« La représentation est au cœur de la raison d’être du CCRCC et précède le processus actuel. Le CCRCC coordonne, mais il n’exclut ni les autres organisations ni les contributions individuelles sérieuses. La représentation du Canada doit être constituée au Canada, selon une méthode collective et vérifiable », a-t-il ajouté.
M. Kashiba a indiqué que le registre des organisations participantes, les consultations et le cahier des charges constitueront les preuves concrètes de cette démarche, au-delà des simples annonces. La sélection éventuelle d’une délégation reposera sur des critères publics, l’équilibre de la représentation et la redevabilité. Le CCRCC entend également respecter l’autorité du comité d’organisation du Dialogue national et adapter sa démarche aux modalités officielles qui seront communiquées.
« Notre responsabilité n’est pas de parler à la place de la diaspora, mais de lui donner une méthode lui permettant de construire une position crédible, collective et redevable », a-t-il déclaré.
Selon M. Kashiba, la représentation n’est pas une fonction ajoutée au CCRCC à l’occasion du Dialogue national. Elle est inscrite dans sa dénomination, sa mission et son implantation institutionnelle.
« Nous ne demandons pas un privilège. Nous proposons une capacité de travail : recenser, consulter, consolider et rendre compte. Nous revendiquons une responsabilité de coordination, et non un monopole de la pensée », a-t-il souligné, invitant les organisations intéressées à consulter le site Internet du Conseil : www.communautecongolaise.com.
De son côté, Lucie Hakuyola, vice-présidente exécutive du CCRCC, a fait savoir qu’une consultation crédible doit rejoindre les organisations établies, mais également les étudiants, les femmes, les jeunes, les professionnels, les entrepreneurs, les universitaires, les communautés de foi et les autres composantes de la diaspora.
Elle a précisé que le dispositif proposé comprend la constitution d’un registre vérifié des organisations participantes, la tenue de consultations territoriales et thématiques, l’élaboration d’un cahier des charges commun ainsi que la préparation éventuelle d’une proposition de délégation canadienne fondée sur des critères publics et vérifiables.
« La diversité du Canada ne doit pas être réduite aux grandes villes. Notre bureau virtuel national nous permettra d’intégrer les provinces et les territoires dans une même démarche. La qualité de la méthode est aussi importante que la force du message : mandats vérifiés, critères publics, procès-verbaux et restitution », a expliqué Mme Hakuyola.

« Le cahier des charges devra refléter les consensus, mais aussi documenter honnêtement les divergences sérieuses. Notre objectif est de garantir une participation dans laquelle chacun peut contribuer et où personne ne peut s’auto-désigner au nom de tous », a-t-elle poursuivi.
Le CCRCC entend s’appuyer sur trois bureaux physiques situés à Gatineau, Ottawa et Kinshasa, ainsi que sur un bureau virtuel national. Cette implantation lui permettra de mobiliser les communautés au Canada, d’assurer une coordination interprovinciale et de maintenir un suivi institutionnel en République démocratique du Congo.
Au sortir de cette rencontre, les membres de la délégation ont exprimé leur profonde gratitude à Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République et Chef de l’État, qui a explicitement prévu la participation de la diaspora congolaise au Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État.
Ils ont également remercié Crispin Mbadu Phanzu, ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, pour ses encouragements aux initiatives d’unité, de mobilisation et de consultation de la diaspora.
La délégation a enfin remercié Monsieur Joska Kabongo Ngoy, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République démocratique du Congo au Canada, pour son accueil, son écoute et ses encouragements en faveur d’une démarche concertée et rassembleuse au Canada.
M. Kashiba a indiqué que plusieurs organisations ont déjà répondu favorablement à l’appel du CCRCC, tandis que d’autres finalisent actuellement leur inscription. La première phase du recensement prendra fin le 4 septembre 2026 à 23 h 59, heure de l’Est.
Dans les deux à trois semaines suivant la clôture de cette première phase, le CCRCC organisera des consultations avec les organisations participantes et les différentes composantes de la diaspora congolaise du Canada. Ces consultations contribueront à l’élaboration d’un cahier des charges commun destiné au Dialogue national.
ACP/Bas.

