Ebola au Haut-Uele : appel à l’éveil de conscience face à la hausse des décès

Isiro, 5 août 2026 (ACP).- La population de la ville d’Isiro, chef-lieu de la province du Haut-Uele, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, a été appelée mercredi auprès de l’ACP par un médecin à l’éveil de conscience, suite à la montée à grande échelle des cas de décès de malades testés positifs à l’épidémie d’Ebola.

« Faisons très attention, le virus d’Ebola existe à Isiro. J’en appelle à l’éveil de conscience. Il y a des familles qui ont déjà perdu quatre, voire cinq (4 ou 5) personnes dans un même foyer. Ebola va d’abord tuer les membres de la famille. Donc, si un membre de la famille souffre d’Ebola et que vous le cachez, ou si la personne refuse de venir à l’hôpital pour se faire soigner, cette personne est en train de préparer le chemin pour décimer sa propre famille. Elle va tuer beaucoup de gens après son départ (…) Le danger de cette maladie est donc à ce niveau-là. Tout le monde peut mourir à cause de la têtutesse, de l’imprudence et de la résistance d’une personne qui refuse d’aller directement à l’hôpital en cas de maladie », a déclaré le Dr David Kamalu, médecin directeur de l’hôpital général de référence d’Isiro, lors d’un entretien avec l’ACP.

« Vous savez bien qu’ici à Isiro, la plupart des cas d’Ebola sont des cas importés, des gens venus du PK 51 de Nia-Nia, une partie de la province de l’Ituri d’où Ebola est venu. C’est la zone de santé de Nia-Nia qui nous a mis dans cette difficulté et voilà pourquoi il y a une contamination à grande échelle dans le Haut-Uele. C’est à partir du sabotage qu’ils ont fait là-bas, jusqu’à brûler le centre de traitement où il y avait des malades d’Ebola qui se déversent maintenant à Isiro. Et il se pose aujourd’hui un problème de riposte au PK 51 », a-t-il ajouté.

Selon le tableau épidémiologique de la situation générale d’Ebola dans le Haut-Uele, rendu public mardi par la division provinciale de la santé (DPS), la zone de santé de la ville d’Isiro présente un cumul de vingt-cinq (25) cas confirmés et quatorze (14) décès, avec un taux de létalité de 56 %.

De son côté, la zone de santé de Boma-Mangbetu présente à ce jour treize (13) cas confirmés positifs et cinq (5) décès, soit 38,5 % de létalité. Pour la zone de santé de Pawa, le document présente douze (12) cas confirmés d’Ebola et onze (11) décès, soit 91,6 % de létalité, tandis qu’à Wamba, le cumul est de seize (16) cas confirmés pour 9 décès enregistrés, représentant un taux de létalité de 56,2 %.

Pour la zone de santé de Rungu, le même tableau précise que jusqu’à présent, il n’y a qu’un (1) seul cas déclaré positif et zéro (0) décès, soit un taux de létalité de 0 %. Dans l’ensemble, un cumul de soixante-sept (67) cas confirmés et trente-neuf (39) décès, avec un taux de létalité global de 58,2 %, a été signalé.

Par ailleurs, le Dr David Kamalu a lancé un plaidoyer en direction des autorités compétentes pour fixer des mesures de contrôle, notamment pour le prélèvement de la température de toute personne en provenance du PK 51.

Il a estimé que les malades viennent majoritairement du PK 51 et viennent gonfler l’effectif des patients dans la province du Haut-Uele. Il souhaite également la mise en place d’une interdiction formelle de passage la nuit au niveau des barrières.

Enfin, David Kamalu a appelé les uns les autres à dénoncer tout cas suspect d’Ebola pour stopper la propagation de l’épidémie dans la province. ACP/NL/AB

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