Bunia, 30 mai 2026 (ACP).- Le gouvernement congolais espère maîtriser l’épidémie d’Ebola dans un délai de quatre à six mois grâce au renforcement de la riposte et à l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ainsi que de ses partenaires internationaux, a estimé le ministre de la Santé, lors d’un point de presse conjoint animé avec le Secrétaire général de l’OMS et le ministre de la Communication et Médias, samedi à Bunia, en Ituri, épicentre de la maladie, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).
« Notre objectif est de contrôler cette épidémie et d’y mettre fin dans un délai de quatre à six mois. Le meilleur scénario est de parvenir à la contenir dans les trois provinces concernées », a assuré Roger Kamba, ministre de la Santé.
Plusieurs scénarios, a-t-il poursuivi, « ont été élaborés pour faire face à cette urgence sanitaire. Le plus favorable consiste à contenir la propagation du virus dans les trois provinces actuellement touchées afin d’empêcher son extension vers d’autres parties du pays« .
Le ministre de la Santé a indiqué que les autorités sanitaires restent optimistes quant à l’évolution de la situation épidémiologique, saluant l’accompagnement de l’OMS et de la communauté internationale, dont l’appui technique, logistique et financier contribue au renforcement des opérations de riposte déployées sur le terrain.
Docteur Kamba a, en outre, réaffirmé la détermination du gouvernement d’intensifier la surveillance épidémiologique, le dépistage précoce des cas, la prise en charge des malades ainsi que les actions de sensibilisation communautaire, considérées comme des leviers essentiels pour interrompre la chaîne de transmission du virus.
Cette déclaration intervient au moment où les équipes de riposte poursuivent activement les investigations sur le terrain, notamment l’identification des cas suspects, le suivi des contacts et le renforcement des mesures de prévention dans les zones affectées.
Le premier cas d’Ebola a été diagnostiqué en septembre 1976 dans le village de Yambuku (Bumba), dans l’ancienne province de l’Equateur. Un bilan de 318 cas et 280 décès avait été enregistré.
L’épidémie d' »Ebola Zaïre » de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part 2.200 morts dans la même région.
Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB).
L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola.
Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.
Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes :
lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ; utilisation d’une solution hydroalcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.
Quant aux agents de santé et des proches des malades, il leur est demandé le
port d’équipements de protection, des gants, masques, lunettes et vêtements de protection.
Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées. Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées.
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