Bunia, 30 mai 2026 (ACP).- La détection rapide des malades infectés par le virus Ebola et leur prise en charge précoce ont été présentés comme les moyens les plus efficaces pour réduire la mortalité liée au virus Ebola Bundibugyo par le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), lors d’un point de presse organisé conjointement avec les ministres de la Santé et celui de la Communication et Médias à Bunia, chef-lieu de l’Ituri.
« Pour la souche Bundibugyo, il n’y a ni vaccin ni médicament spécifique. La meilleure approche consiste à détecter rapidement les cas et à assurer une prise en charge médicale précoce afin d’augmenter les chances de survie des patients », a insisté docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, secrétaire général de l’OMS.
Aucun vaccin n’est homologué ni traitement spécifique encore disponible, seule une intervention médicale rapide dès l’apparition des premiers symptômes peut d’améliorer les chances de survie des patients, a-t-il précisé.
Docteur Tedros a indiqué que les soins administrés aux personnes infectées reposent essentiellement sur un traitement de soutien comprenant la réhydratation, la prise en charge des symptômes ainsi que la prévention des complications susceptibles d’aggraver l’état des malades.
Le Directeur Général de l’OMS a, par ailleurs, exhorté les populations à signaler sans délai tout cas suspect aux services de santé et à éviter le recours à l’automédication, soulignant que la rapidité d’intervention des équipes médicales constitue un facteur déterminant dans la réduction du nombre de décès.
Cette mise au point intervient alors que les autorités sanitaires congolaises, appuyées par leurs partenaires, intensifient les activités de riposte contre la flambée d’Ebola déclarée en Ituri, notamment à travers le renforcement de la surveillance épidémiologique, du diagnostic, de la recherche des contacts et de la sensibilisation communautaire.
Le premier cas d’Ebola a été diagnostiqué en septembre 1976 dans le village de Yambuku (Bumba), dans l’ancienne province de l’Equateur. Un bilan de 318 cas et 280 décès avait été enregistré.
L’épidémie d' »Ebola Zaïre » de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part 2.200 morts dans la même région.
Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB).
L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola.
Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.
Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes :
lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ;
utilisation d’une solution hydroalcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.
Quant aux agents de santé et des proches des malades, il leur est demandé le
port d’équipements de protection, des gants, masques, lunettes et vêtements de protection.
Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées. Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées.
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