Ebola en Ituri : les médias et l’étranger alarmistes (Ministre de la Santé)

Bunia, 28 mai 2026 (ACP).- Le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, a appelé à « relativiser les cris d’alarme » autour de l’épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), indiquant que la situation restait sous contrôle malgré la multiplication de cas suspects, lors d’une conférence de presse à Bunia.

« Nous ne sommes pas dans une situation telle qu’elle est ressentie, surtout à l’international ou dans les médias », a déclaré Roger Kamba, ministre de la Santé. 

S’exprimant devant la presse à Bunia, dans la province de l’Ituri, le ministre a indiqué qu’environ 210 cas suspects avaient été recensés, dont la grande majorité dans cette province du Nord-Est du pays.

« En dehors de l’Ituri, jusqu’à présent, il y a 21 cas suspects : 20 au Nord-Kivu et un au Sud-Kivu », a précisé le docteur Kamba, estimant que la perception internationale de la crise sanitaire était parfois disproportionnée par rapport à la réalité du terrain.

Le ministre a assuré que les autorités sanitaires poursuivaient une riposte « systématique et méthodique », avec un travail de traçage et d’analyse rétrospective des décès enregistrés depuis le 1er avril.

Selon lui, 505 personnes sont actuellement hospitalisées, tandis que 915 autres sont suivies comme cas suspects, parmi lesquelles figurent des patients guéris, des malades et des personnes placées sous surveillance.

Le ministre de la Santé publique a également fait état de 223 décès faisant encore l’objet d’analyses ,afin de déterminer un éventuel lien avec Ebola.

Depuis le 15 mai, la RDC connaît sa 17ème épidémie de la maladie à virus Ebola. La maladie qui sévit dans l’Est du pays est une variante de la souche Bundibugyo, dont la létalité reste faible par rapport à la souche Zaïre, la plus connue au pays, selon l’Institut national de recherche biomédicale (INRB).

Le premier cas d’Ebola a été diagnostiqué en septembre 1976 dans le village de Yambuku (Bumba), dans l’ancienne province de l’Equateur. Un bilan de 318 cas et 280 décès avait été enregistré. 

L’épidémie d' »Ebola Zaïre » de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part  2.200 morts dans la  même région.

Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB).

L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola.

Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.

Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes : lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ; utilisation d’une solution hydroalcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.

Quant aux agents de santé et des proches des malades, il leur est demandé le

port d’équipements de protection, des gants, masques, lunettes et vêtements de protection.

Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées. Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées.

ACP/

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