Enjeux climatiques : le Gouvernement appelé à accélérer la nouvelle politique forestière

Kinshasa, 23 mai 2026 (ACP).- Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a été appelé par le Président Félix Tshisekedi à accélérer la finalisation et l’adoption de la nouvelle politique forestière nationale, selon le compte rendu du 90ᵉ Conseil des ministres lu samedi à la télévision nationale.

« À cet effet, le Président de la République a instruit le Gouvernement d’accélérer la finalisation et l’adoption de la nouvelle politique forestière nationale, en veillant à son alignement avec la stratégie climatique ainsi qu’avec nos engagements internationaux », a déclaré Augustin Kibassa, ministre de l’Économie numérique, chargé de la lecture du compte rendu.

Dans cette perspective, le ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du climat a été chargé de présenter, dans les meilleurs délais et avec l’appui de son cabinet, une feuille de route interministérielle pour l’opérationnalisation de cette politique.

« Il lui faudra aussi présenter une nouvelle politique intégrant notamment les synergies avec l’initiative Couloir vert Kivu – Kinshasa, l’accélération des concessions forestières des communautés locales, l’effectivité du consentement libre, préalable et éclairé, ainsi que le renforcement des mécanismes de surveillance et de sauvegarde environnementale », a précisé Augustin Kibassa.

À cette occasion, le Chef de l’État a attiré l’attention du Gouvernement sur la nécessité de consolider une gouvernance forestière « irréprochable, cohérente et crédible », à la hauteur des responsabilités stratégiques de la RDC dans les équilibres climatiques mondiaux.

« Avec ses forêts tropicales, ses tourbières, ses ressources hydriques exceptionnelles, sa biodiversité unique, ainsi que son potentiel considérable en minerais critiques indispensables à la transition énergétique mondiale, notre pays occupe une place centrale dans les équilibres climatiques mondiaux », a insisté Félix Tshisekedi, cité dans le compte rendu.

Selon le Président de la République, cette réalité confère à la RDC un rôle naturel de « pays-solution » qu’elle doit pleinement assumer à travers une gouvernance exemplaire fondée sur la transparence, la redevabilité et le respect des communautés locales.

Focus sur l’agriculture, l’énergie et les infrastructures

Le Chef de l’État est également revenu sur les travaux récemment organisés à Kinshasa dans le cadre de la révision du cadre national de gouvernance forestière, estimant que ces assises ont permis de dégager une vision commune pour une actualisation cohérente des orientations stratégiques du secteur.

« Cette dynamique appelle désormais un engagement clair. Nous devons nous concentrer sur l’économie, l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, l’aménagement du territoire, les finances et l’intérieur », a-t-il souligné.

Pour le Président Tshisekedi, les enjeux forestiers dépassent désormais le seul cadre environnemental pour toucher directement à la souveraineté économique, à la sécurité alimentaire, à la stabilité sociale ainsi qu’au rayonnement de la diplomatie climatique de la RDC.

Une gouvernance forestière jugée essentielle

Le Chef de l’État a insisté sur la nécessité d’améliorer la gouvernance forestière afin de renforcer la crédibilité de la RDC auprès des partenaires internationaux.

« L’amélioration de notre gouvernance forestière constitue désormais une condition essentielle à la mobilisation des financements climatiques, des investissements responsables ainsi que des mécanismes internationaux liés au carbone », a-t-il déclaré, soulignant que les partenaires attachent une importance croissante aux garanties environnementales, sociales et de gouvernance.

Un rapport sur l’état d’avancement de ce processus est attendu dans un délai de 30 jours, selon le compte rendu du Conseil des ministres. ACP/

Fil d'actualités

Sur le même sujet