Kinshasa, 23 mai 2026 (ACP).- Le Président de la République démocratique du Congo (RDC), a interdit toute nouvelle revalorisation des primes des agents et fonctionnaires de l’Etat déjà régulièrement rémunérés, d’après le compte rendu du 90ème Conseil des ministres, lu samedi à la télévision nationale.
« Dans l’attente de la finalisation de cet audit et de la mise en œuvre de la nouvelle politique salariale, il a prescrit des mesures conservatoires suivantes : l’interdiction de toute nouvelle revalorisation des primes au profit des catégories déjà régulièrement rémunérées, sans préjudice des engagements découlant des accords conclus avec les partenaires sociaux et des ajustements barémiques en cours, l’interdiction de la prise en charge de nouvelles commissions ou structures permanentes », a rapporté Augustin Kibassa, ministre de l’Economie numérique désigné pour faire le compte rendu.
« Les économies résultant de l’assainissement de la paie, de la rationalisation des effectifs, ainsi que l’enveloppe additionnelle prévue dans le projet de loi des finances rectificative 2026, devront être prioritairement affectées à la prise en charge progressive des agents certifiés, réguliers, non encore mécanisés », a insisté le Chef de l’ Etat, cité par le ministre Kibassa.
Le Président Tshisekedi a attiré l’attention du Conseil sur le fait que, malgré les efforts déjà consentis par le gouvernement, de nombreux agents de l’État, valablement en service, physiquement identifiés et inscrits au fichier de référence de l’administration publique, continuent de ne percevoir aucune rémunération, selon plusieurs rapports lui parvenus.
Les mêmes rapports mettent également en évidence les profondes disparités salariales entre administrations, services centraux et services déconcentrés en provinces dans les entités territoriales décentralisées.
« Une telle situation n’est plus acceptable, dès lors qu’elle compromet la matérialisation du sixième engagement souscrit devant le peuple congolais (…) », a- t-il déploré.
Le Gouvernement instruit d’agir sans délai
A cet effet, le Président de la République a instruit les vice-premiers ministres du Budget, de la Fonction publique, ainsi que le ministre des Finances, sous la coordination de la Première ministre et en étroite collaboration avec son cabinet, de prendre sans délai toutes les dispositions nécessaires à la mise en œuvre effective de ces mesures et à l’aboutissement rapide de la nouvelle politique salariale, ainsi que des travaux d’audit de l’État.
Lors de la troisième réunion du Conseil des ministres du 28 juin 2024, le Chef de l’Etat avait instruit le gouvernement d’élaborer une nouvelle politique salariale juste, équitable et soutenable, fondée sur des principes de rationalisation et d’harmonisation du système de rémunération.
Il avait également chargé l’inspecteur général des Finances, en collaboration avec le gouvernement, de conduire un audit général de l’état liquidatif, afin d’identifier les dépenses irrégulières et autres charges indues qui alourdissent inutilement la masse salariale au détriment des agents régulièrement éligibles.ACP/

