Kinshasa, 06 mars 2026 (ACP).- L’intelligence artificielle (IA) a été qualifiée d’outil de compétitivité internationale et de levier de modernisation académique par une professeure de l’Université des sciences de l’information et de la communication (Unisic), lors d’une matinée scientifique à l’Université Saint-Augustin de Kinshasa, en République démocratique du Congo.
«Pour l’étudiant congolais, l’IA peut devenir un accélérateur de connaissances, un outil de compétitivité internationale, un levier de modernisation académique. L’intelligence artificielle ne remplacera pas l’étudiant qui sait l’utiliser. Mais elle remplacera celui qui ne la maîtrise pas. Je l’ai toujours dit lorsque j’interviens. Dans mes cours, j’ai toujours affirmé que l’IA ne remplacera pas un rédacteur en chef dans une rédaction», a déclaré Madeleine Mbongo Mpasi, professeure à l’Unisic.
À en croire Mme Mbongo Mpasi, la machine peut accomplir certaines tâches; cependant, elle est limitée, car la chaleur humaine, l’affection et la présence parentale ne peuvent pas être remplacées par une machine.
«Aujourd’hui, nous observons déjà certaines applications concrètes de cette évolution. Dans plusieurs pays, notamment en Europe, on constate une réduction du personnel dans certains services. Par exemple, dans certains magasins, vous ne trouvez plus de caissier. Vous prenez vous-même votre produit, vous le scannez, la machine affiche le prix et vous effectuez le paiement automatiquement. Même le remboursement peut se faire sans intervention humaine. Ainsi, progressivement, certaines tâches autrefois accomplies par l’homme sont prises en charge par des dispositifs automatisés», a-t-elle expliqué.
L’ancienne secrétaire administrative de l’Unisic a affirmé que l’un des objectifs fondateurs de l’IA est qu’elle a été conçue pour aider l’être humain à accomplir certaines tâches plus rapidement. Cependant, cela peut aussi entraîner des dérives.
«C’est pourquoi, lorsqu’un étudiant l’utilise sans discernement, cela peut conduire à des situations de plagiat. En effet, l’outil peut générer un contenu à partir de connaissances déjà disponibles dans les bases de données numériques», a-t-elle révélé.
Quid de l’IA ?
Par ailleurs, parlant de la définition de l’IA, la Pr MbongoMpasi a fait savoir que celle-ci est un procédé informatique donnant accès automatiquement à des savoirs et à des algorithmes archivés dans un stock numérique, en vue de reproduire ou de générer de nouveaux objets de connaissance.
«Il faut comprendre que les connaissances produites par l’intelligence artificielle proviennent de savoirs déjà existants, introduits dans les systèmes par des personnes. Autrement dit, l’IA ne crée pas à partir de rien : elle mobilise et combine des connaissances déjà produites par l’humanité. On peut dire que l’intelligence artificielle constitue une technologie intellectuelle, parce qu’elle repose sur des machines et des systèmes informatiques; elle est intellectuelle parce qu’elle mobilise des connaissances», a-t-elle expliqué.
Dans cette perspective, a poursuivi Mme Mbongo Mpasi, certains chercheurs, comme Robert Pascal, expliquent que l’intelligence artificielle est un procédé informatique qui augmente les capacités cognitives humaines tout en réduisant l’effort de travail.
«Cette idée n’est pas nouvelle. Déjà dans les années 1960, Marshall McLuhan, dans son ouvrage Pour comprendre les médias publiés en 1962, expliquait qu’à chaque apparition d’une nouvelle technologie, le monde change profondément. Aujourd’hui, nous le constatons clairement. Autrefois, pour obtenir une information, il fallait se déplacer, consulter des documents ou attendre les médias traditionnels. Désormais, grâce aux smartphones et à Internet, l’information est accessible instantanément, partout dans le monde», a-t-elle martelé.
Pour elle, l’IA n’est ni une menace ni une solution miracle, parce que tout dépend de la manière dont l’université et les étudiants l’utilisent. Pour l’étudiant congolais, l’IA peut devenir: «un accélérateur de connaissances, un outil de compétitivité internationale, un levier de modernisation académique».
ACP/ODM

