Kinshasa, 1er novembre 2025 (ACP).- La transhumance et le pouvoir politique en République démocratique du Congo (RDC) ont fait l’objet d’une thèse doctorale, samedi, à la faculté des Sciences sociales, administratives et politiques, de l’Université pédagogue nationale (UPN), à Kinshasa, capitale du pays.
« Cette étude est l’aboutissement d’une recherche motivée par certaines considérations, notamment celles liées aux ratées quasi permanentes du processus démocratique en République démocratique du Congo, du déficit criant de l’idéal démocratique dont souffrent les élites dirigeantes en RDC; ce qui a, bien évidemment, comme conséquence leur vagabondage politique récurrent que nous avons nommé ici: « la transhumance politique», a déclaré Rosen Mwenze, récipiendaire et auteur de la thèse.
« Cette transhumance politique influerait paradoxalement sur la restructuration de l’espace politique congolais dans la mesure où elle assurerait aux élites outsiders une ascendance sociale, une altération par rotation, une survie des autocrates à travers le couple circulation-assimilation des élites sans renouveau démocratique. Cette situation ne permettant pas la bonne circulation des élites aurait des impacts non négligeables sur la gouvernance étatique par le fait de l’instrumentalisation. Suite aux incertitudes autour de la gestion du pouvoir, les acteurs politiques surtout députés nationaux, se dissocieraient de leurs anciennes familles politiques en vue non seulement de la conservation mais aussi d’accès au pouvoir. Pour ce faire, il y a lieu de structurer les formations politiques en véritables blocs idéologiques », a expliqué l’auteur de la thèse.
Et de poursuivre : « L’objectif principal a été celui de démontrer les facteurs explicatifs de la forte transhumance politique dans un contexte d’incertitudes politiques au cours du processus de consolidation de la démocratie. Et avec lui, expliquer les modalités de la construction des élites politiques voire la culture politique en RDC: examiner la restructuration de l’espace politique congolais à travers la transhumance politique et relever les impacts de la transhumance dans la gestion des institutions étatiques ».
Selon l’auteur, la transhumance comme un mode d’action politique est une conséquence de bien de ressorts politiques, économiques, sociaux, idéologiques, culturels, etc.
« L’absence d’un quelconque idéal démocratique, l’effondrement de l’appareil étatique, la personnalisation des institutions, la recherche d’un capital économique et bien d’autres facteurs sont des mobiles susceptibles d’expliquer la transhumance des élites politiques tant au niveau national que local », a-t-il noté.
C’est avec la note « plus grande distinction » que le chef de travaux Rosen Mwenze a été proclamé Docteur en Sciences Politiques et Administratives.
ACP/UKB
Enseignement supérieur : transhumance et pouvoir politique en RDC expliqués dans une thèse
Le chef de travaux Rosen Mwenze a été proclamé Docteur en Sciences Politiques et Administratives à l’UPN

