Est-RDC: aucun blessé, aucun mort parmi les Banyamulenge restés à Uvira

Kinshasa, 22 janvier 2026 (ACP).- Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a fait savoir qu’aucun blessé ni aucun décès n’a été signalé parmi les membres de la communauté banyamulenge restés à Uvira au Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, après le départ de la coalition armée et M23/AFC, selon un communiqué consulté jeudi à l’ACP.

«S’agissant plus particulièrement de la communauté banyamulenge, le Gouvernement précise qu’à ce stade, aucun blessé ni aucun décès n’a été signalé au sein de cette communauté depuis le retrait du RDF/M23. Cette situation est notamment le résultat des mesures de prévention et de protection ciblées mises en place par les autorités compétentes, ainsi que des appels constants à la cohésion sociale et au vivreensemble», a-t-on lu dans le communiqué du ministère de la Communication et médias.

Le redéploiement rapide des Forces armées, de la Police nationale congolaise et des services de sécurité, a fait savoir la source, a permis de rétablir progressivement l’autorité de l’État, de protéger les populations civiles et leurs biens, de contenir les risques et de préserver l’ordre public.

Le gouvernement congolais a contesté, à cet effet, le récent communiqué de Human Rights Watch (HRW), une ONG des droits humains basée à New York, sur la situation sécuritaire à Uvira, estimant qu’elle propose une analyse «partielle» des violences.

«Le Gouvernement relève que l’analyse proposée par Human Rights Watch met principalement l’accent sur les risques apparus après le retrait du RDF/M23, sans toujours les inscrire dans une continuité objective d’une occupation armée illégale, marquée par des exactions graves contre les populations civiles et une stratégie délibérée de déstabilisation mise en œuvre avant, pendant, et au moment même du retrait», a ajouté le document.

«Le retrait du RDF/M23 de la ville d’Uvira, intervenu le 17 janvier 2026, s’est opéré à l’issue d’une période caractérisée par des pillages systématiques, des vols à grande échelle, des menaces, des intimidations et des actions de stigmatisation communautaire, ayant profondément affecté la sécurité des civils et la cohésion sociale», a précisé la source.

Selon le communiqué, le Gouvernement constate que ce retrait, de la coalition rwandaise M23/AFC de la ville d’Uvira, s’est accompagné d’un désordre prémédité, relevant d’un chaos sciemment organisé, visant à prolonger l’insécurité et à produire des effets résiduels après le départ des forces occupantes.

«Dans ce contexte, le Gouvernement rappelle sans ambiguïté que la responsabilité première de la mise en danger des populations civiles incombe au RDF/M23, notamment du fait : de l’occupation armée illégale de la ville d’Uvira ; de l’instrumentalisation délibérée de la peur au sein des populations civiles ; des transferts forcés et des déplacements contraints imposés à certains membres de la communauté Banyamulenge; et du désordre volontairement laissé au moment du retrait, dans une logique persistante de déstabilisation», a martelé le Gouvernement congolais.

Toute tentative d’inversion, de relativisation ou de dilution de cette responsabilité, a-t-il précisé, «est contraire aux faits établis et ne saurait fonder une appréciation équilibrée de la situation».

Le Gouvernement réaffirme la protection de toutes les populations Congolaises, sans distinction

Par ailleurs, le Gouvernement a indiqué que les mouvements de population observés à Uvira doivent être analysés à la lumière du climat de peur entretenu avant le retrait, des menaces ciblées adressées à certaines familles, ainsi que des pressions exercées par le RDF/M23 sur les civils dans un contexte d’occupation armée, des faits qui ont été dénoncés par des leaders de structures communautaires banyamulenge eux-mêmes.

«Le Gouvernement réaffirme que la protection de toutes les populations congolaises, sans distinction, y compris des populations banyamulenge, constitue une obligation fondamentale de l’État. Nul citoyen ne peut être contraint à un déplacement ni privé de son droit de résider librement sur le territoire national», a-t-il fait savoir.Le communiqué a également rappelé que dès le retrait forcé du RDF/M23, le Gouvernement, en coordination étroite avec les autorités provinciales, a lancé des appels clairs, publics et convergents à l’apaisement, au rejet de toute stigmatisation communautaire et à la préservation du vivre-ensemble.

«Ces appels visaient à prévenir toute dérive, à contenir les tensions héritées de l’occupation et à réaffirmer la primauté de l’unité nationale et de la cohésion sociale. Le Gouvernement réaffirme avec fermeté que toute logique de représailles, de règlements de comptes, de violences communautaires ou de justice populaire est strictement prohibée. La seule voie reconnue est celle de l’État de droit, fondée sur la responsabilité pénale individuelle, le respect des lois de la République et le fonctionnement régulier des institutions judiciaires», a insisté le communiqué du Gouvernement.

À cet effet, et conformément au plan de restauration progressive de l’autorité de l’État, a poursuivi la source, les dispositions nécessaires ont été engagées en vue du déploiement effectif des institutions judiciaires compétentes, afin que toute infraction soit traitée dans un cadre légal, régulier et respectueux des droits fondamentaux.

L’action et le retrait des forces rwandaises s’inscrivent dans le cadre d’une violation grave et continue du droit internationalPour le Gouvernement congolais, la présence, l’action et le retrait des forces rwandaises (RDF), opérant directement ou par l’intermédiaire de supplétifs affiliés au M23/AFC, s’inscrivent dans le cadre d’une violation grave et continue du droit international.

«À cet égard, la responsabilité internationale du Rwanda est pleinement engagée du fait de l’implication directe de ses forces armées sur le territoire congolais ; du soutien militaire, logistique et opérationnel apporté à l’AFC/M23 ; de l’absence de toute mesure visant à prévenir ou faire cesser les violations commises ; des effets persistants du désordre sciemment laissé après le retrait, constitutifs d’un prolongement des violations», a souligné le Gouvernement », a-t-il précisé.

Par ailleurs, la RDC a réaffirmé son attachement aux mécanismes internationaux de protection des droits humains, tout en rappelant que ceux-ci doivent s’exercer dans le respect de la vérité factuelle complète, de la hiérarchisation des responsabilités et du principe de non-équivalence entre l’État agressé et la force d’occupation.

«Le Gouvernement demeure disposé à coopérer avec les mécanismes internationaux compétents, à condition que les analyses et recommandations reposent sur une lecture rigoureuse du droit international et n’aboutissent ni à une dilution des responsabilités, ni à une inversion des faits», a conclu la source. ACP/C.L.

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