Kinshasa, 22 septembre 2025 (ACP).- « Les génocides commis par le Rwanda, dans l’Est en République démocratique du Congo constituent une tâche sur la conscience collective de l’humanité », a soutenu le représentant congolais aux Nations-Unies lundi lors d’une conférence de plaidoyer pour la reconnaissance de ces crimes organisée à New-York, aux États-Unis d’Amérique.
« La tragédie congolaise a trop souvent été accueillie par l’indifférence et la banalisation. Ce n’est pas seulement une crise congolaise, c’est une tâche noire sur la conscience collective de l’humanité », a indiqué Zénon Mukongo, représentant de la Mission permanente de la RDC auprès des Nations Unies, au cours de cette conférence co-animée avec le Président Félix Tshisekedi.
« Les cycles répétés d’atrocités, alimentés par la cupidité pour les minerais stratégiques et les ingérences étrangères, reflètent le coût de l’indifférence et le prix de l’inclusivité », a-t-il renchéri.
Zénon Mukongo a fait un état des lieux « alarmant » des génocides commis durant trois décennies par l’armée rwandaise dans l’Est de la RDC, qui continuent d’entrainer des conséquences fâcheuses, en plus des atrocités.
« Depuis plus de trois décennies, l’Est de la République démocratique du Congo subit une guerre atroce. Des générations entières ont grandi sous l’ombre de la violence, des déplacements massifs, de l’esclavage sexuel et du pillage de leurs terres natales. L’agression dont notre pays est victime a plongé nos provinces dans un désastre humanitaire avec près de 7 millions de déplacés de la terre », a déclaré Zénon Mukongo.
« Le pic a été atteint en janvier et février 2025 lorsque les villes de Goma (Nord-Kivu) et Bukavu (Sud-Kivu) ont été envahies par les Forces de défense du Rwanda et les rebelles de l’AFC /M23. L’ampleur de la souffrance humaine, des millions de morts, d’innombrables communautés détruites et des survivants marqués par des blessures invisibles exigent non pas le silence, mais la reconnaissance », a affirmé Zénon Mukongo.
Pour le représentant de la RDC aux Nations Unies, le silence devant les crimes constitue une porte ouverte pour d’autres crimes.
« Chaque fois que des crimes restent impunis, chaque fois que des victimes restent silencieuses, la porte s’ouvre à de nouvelles vagues de violences. La reconnaissance des crimes commis, la préservation de la vérité pour les générations futures et la poursuite de la responsabilité ne sont pas des options. Elles sont le fondement d’une paix durable », a-t-il insisté.
Pour lui, la protection des vies humaines est non négociable, et le fait de rester spectateur devant de tels crimes serait une forme de complicité.
« La protection des vies humaines, toute communauté confondue, reste non négociable et doit demeurer au cœur de l’action. Mais aujourd’hui, alors que le monde réclame justice, d’ailleurs, les voix des victimes congolaises doivent aussi être entendues. Aucun processus de paix ne peut survivre à l’infini », a-t-il souligné.
Il en a profité pour saluer le leadership engagé du Président Félix Tshisekedi et le dynamisme de son gouvernement, qui ont su doter la République démocratique du Congo des structures comme le Fonds national de réparation des victimes de violences sexuelles liées aux conflits et de crimes contre la paix (Fonarev) et la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (Cia-var), lesquelles structures militent, non seulement pour lutter contre les violences sexuelles, mais également pour réduire l’écart en matière de réparation, en tant que pilier central de l’aide aux victimes et surtout de porter le plaidoyer de la reconnaissance des génocides oubliés commis en RDC. ACP/

