Kinshasa, 22 septembre 2025 (ACP).- Le Président Félix Tshisekedi a proposé, à la communauté internationale, trois axes majeurs pour la reconnaissance des génocides commis par le Rwanda en République démocratique du Congo (RDC) lors d’une conférence animée lundi sur la question à New-York, aux États-Unis d’Amérique.
« Le débat que nous proposons s’organise autour de trois axes très concrets. Le premier, c’est cartographier les faits en République démocratique du Congo au cours des trente dernières années. Le second, il s’agit d’établir l’existence de génocides perpétrés sur notre sol à l’aune des critères reconnus par le Droit de l’homme. Le troisième, c’est de mettre en place une architecture de justice transitionnelle adaptée à nos réalités, garantissant vérité, poursuite et réparation », a déclaré Félix Tshisekedi, soutenant que cette reconnaissance constitue une urgence mondiale.
« Pourquoi maintenant ?, parce que la prévention exige d’abord la nomination des crimes et la reconnaissance des victimes. Parce que la stabilité de toute une région dépend de la capacité à dire le vrai, à juger le criminel, à réparer l’irréparable et à garantir la non-répétition », a dit le Chef de l’Etat congolais.
A l’en croire, la RDC demeure respectueuse des principes de la Convention pour la prévention et la réparation, la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948, qui visent la vérité, exigent la justice et appellent à la réparation.
Dans cette optique, le Président congolais a lancé un appel à différentes catégories d’acteurs présents dont les États et les organes des Nations-Unies.
« Aux États, appuyez l’établissement d’un mécanisme international robuste de vérité et de qualification juridique des crimes assorti de capacités d’enquête, de préservation des preuves et de coopération judiciaire. Aux organes des Nations-Unies et aux organisations régionales, conjuguez vos efforts pour garantir la protection des civils aujourd’hui, la justice pour les victimes hier et des garanties crédibles de non-répétition demain », a insisté le Président Félix Tshisekedi.
« Aux institutions de justice, nationales, régionales et internationales, faites prévaloir la compétence et la complémentarité (…) Et enfin, à la Société civile, aux survivants et aux chercheurs, votre travail de documentation, de mémoire et d’accompagnement est la clé qui ouvre la porte de la reconnaissance et de la réparation », a conclu le Président Tshisekedi.
Soutenir les démarches visant à la reconnaissance des génocides
Le Président Félix Tshisekedi a, lui, pris l’engagement de soutenir toutes les démarches sérieuses et crédibles visant la reconnaissance des génocides commis sur le territoire congolais.
« En ma qualité de Président de la République démocratique du Congo, je prends l’engagement de soutenir toutes les démarches sérieuses et crédibles visant à la reconnaissance des génocides commis sur notre territoire, à l’établissement des responsabilités et à la garantie pour les victimes de leur droit à la vérité, à la justice et à la réparation. Notre main reste tendue pour le travail commun », a-t-il fait savoir.
« Nous réaffirmons notre ancrage dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide du 9 décembre 1948 et dans l’ensemble des instruments pertinents du droit international. Notre démarche est conforme à ces principes, elle exige la vérité, elle exige la justice et elle appelle à la réparation », a dit le Chef de l’État congolais.
Le Président congolais a, par ailleurs, rassuré que le combat mené par la RDC l’est pour l’humanité. « Ce combat n’est dirigé contre aucune communauté. Il est mené pour l’humanité. Reconnaître un génocide, c’est protéger l’avenir en refusant l’oubli et le relativisme. C’est aussi accepter que la paix ne se décrète pas. Elle se bâtit sur la vérité et la justice, dans l’esprit de la réconciliation, avec des mesures concrètes de réparation, de mémoire et de réintégration des victimes dans la vie sociale », a-t-il fait savoir.
« La République démocratique du Congo, mon pays, a souhaité porter dans ce cadre la voix d’un peuple meurtri qui réclame vérité et justice, à l’instar de celui organisé à Genève. L’événement parallèle de ce jour se veut être un espace de parole utile pour éclairer les consciences et mobiliser les bonnes volontés éprises de justice et d’humanité, et engagées contre tout déni de ces valeurs fondamentales », a insisté le Président Tshisekedi.
Plusieurs personnalités congolaises et d’autres pays étrangers ainsi que des représentants des organisations internationales des droits humains ont pris part à cette conférence. Elle a eu lieu à la veille de l’oral du Chef de l’Etat congolais annoncé mardi du haut de la tribune des Nations-Unies. ACP/

