Genocost : la justice congolaise appelée à engager les procédures contre les auteurs présumés

Kinshasa, 2 août 2026 (ACP).- La justice de la République démocratique du Congo a été appelée à exploiter les différents rapports documentant les massacres commis en RDC afin d’engager les procédures judiciaires contre leurs auteurs présumés, lors de la commémoration, dimanche à Kinshasa, de la Journée nationale du Génocost.

« En attendant les décisions de la justice internationale qui interviennent plusieurs décennies après le déclenchement des procédures, je formule le vœu que notre justice interne exploite les rapports Mapping, les résolutions de notre Parlement, la résolution 643 de la Commission africaine de droit de l’homme et de peuple, la résolution de la société civile africaine et les différents rapports des Nations unies pour déclencher les procédures à l’endroit des auteurs qui sont à notre portée dans la mesure du possible », a déclaré Samuel Mbemba, ministre de Droits humains.

Le ministre a rappelé que ces différents rapports et résolutions appellent à la lutte contre l’impunité à travers les cours et tribunaux internes. Selon lui, les victimes doivent connaître la vérité, bénéficier des garanties de non-répétition, notamment à travers le processus de vérification des responsabilités, afin d’amorcer un processus de guérison nationale.

« L’agresseur n’aura pas les derniers mots. Le dernier mot reviendra aux victimes, à la justice et à une République démocratique du Congo désormais debout, dont le peuple a le front plus que jamais dressé », a-t-il poursuivi.

La reconnaissance internationale gagne du terrain

Samuel Mbemba a également relevé que la reconnaissance politique et diplomatique du Génocost progresse au niveau international. Il a cité notamment certains États et organisations non gouvernementales internationales qui utilisent désormais le terme de génocide pour qualifier les crimes commis en RDC.

« Certains États et ONG internationales à Genève et à Banjul, respectivement sièges du Conseil des droits de l’homme et de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, utilisent le mot génocide commis en RDC. C’est pour dire que la reconnaissance politique et diplomatique des génocides perpétrés en RDC gagne du terrain. Cela facilitera la reconnaissance judiciaire internationale », a-t-il indiqué.

Le 2 août de chaque année est consacré en République démocratique du Congo à la commémoration de la Journée nationale du Génocide des Congolais pour des gains économiques (Génocost).

Cette commémoration rappelle plusieurs décennies de conflits marqués par l’agression du pays entre 1996 et 1997, puis entre 1998 et 2003, ainsi que par la persistance des violences et des massacres dans les provinces de l’Est, notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri.

Le rapport Mapping des Nations Unies publié en 2010 a documenté des violations graves des droits humains commises en RDC entre 1993 et 2003.

ACP/L/SN/L

Fil d'actualités

Publicité

Sur le même sujet