Génocost : la RDC commémore ses victimes et renforce le plaidoyer pour la reconnaissance internationale ​​​(Par Serge Ngoy et Audry Ibendelo)

Kinshasa, 2 août 2026 (ACP).- La République démocratique du Congo a commémoré, dimanche, la Journée nationale dédiée aux victimes du Génocost, placée sous le thème ‘’Maintenant que tu sais, que fais-tu ?’’, appelant à une appropriation nationale du plaidoyer pour sa reconnaissance internationale.

La cérémonie officielle s’est déroulée au Mémorial du Génocost à Kinshasa, inaugurée l’année dernière par le Chef de l’État, Félix Tshisekedi, à proximité du Palais du peuple, dans la commune de Lingwala.

La Première ministre Judith Suminwa, le directeur de cabinet du Chef de l’État, Anthony Nkinzo, ainsi que plusieurs personnalités politico-administratives ont pris part à cette commémoration destinée à honorer la mémoire des victimes des violences commises en République démocratique du Congo.

Instituée en 2022 à l’initiative du Président de la République, Félix Tshisekedi, cette journée vise à rappeler à la communauté internationale les massacres perpétrés contre les populations congolaises durant plusieurs décennies et à obtenir la reconnaissance mondiale des génocides commis en RDC, particulièrement dans sa partie Est.

La date du 2 août fait référence à l’attaque de la ville de Goma, en 1998, par la rébellion du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, marquant une nouvelle phase des conflits armés dans l’Est du pays.

Ces décennies de violences ont causé d’importantes pertes humaines et provoqué de graves violations des droits humains, notamment des massacres, des violences sexuelles, des enlèvements et d’autres exactions contre les populations civiles. Malgré la fin officielle de la guerre en 2003, les violences armées se poursuivent encore dans plusieurs zones de l’Est de la RDC.

Une reconnaissance nationale en faveur de la mémoire et de la justice

L’Assemblée nationale de la RDC a adopté, le 17 octobre 2025, à la demande du Chef de l’État, une recommandation solennelle reconnaissant le génocide congolais pour des gains économiques, communément appelé Génocost.

Cette décision constitue un acte de reconnaissance nationale portant sur les violations graves du droit international humanitaire et des droits fondamentaux des populations congolaises.

Défendue par le professeur André Mbata, cette recommandation invite notamment le Gouvernement, à instituer une journée nationale de commémoration, à ériger un mémorial national du Génocost et à mettre en œuvre une campagne de sensibilisation autour de la mémoire, de la justice transitionnelle et de la réparation.

Le plaidoyer pour une reconnaissance internationale

Le Président Félix Tshisekedi a également porté la question du Génocost sur la scène internationale. Lors d’une conférence tenue en septembre dernier aux États-Unis d’Amérique, il a appelé la communauté internationale à reconnaître les génocides commis sur le territoire congolais.

« Trop souvent, ces tragédies ont été minimisées, relativisées, parfois niées. Nous sommes ici pour briser ce silence, lever le voile et appeler, solennellement, à la reconnaissance internationale des génocides perpétrés sur le territoire congolais, condition d’une justice qui répare et d’une paix qui dure », avait déclaré le Chef de l’État.

Devant des diplomates, des scientifiques, des lobbyistes, des acteurs engagés en faveur de la RDC et des représentants de la diaspora congolaise, Félix Tshisekediavait soutenu que certains crimes commis en RDC, en raison de leur caractère planifié et systématique, relèvent d’une logique et d’une intention génocidaire.

ACP/SN/I.

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