Kinshasa, 2 août 2026 (ACP).- La Journée nationale du Génocide congolais pour des gains économiques (Genocost) a été commémorée dimanche dans les vingt-six provinces du pays, où autorités, responsables religieux, survivants et citoyens ont rendu hommage aux victimes tout en réaffirmant leur engagement en faveur de la mémoire et de la réparation, a constaté l’ACP.
À Kinshasa, le Président de la République, Félix Tshisekedi, accompagné de la Première Dame, Denise NyakeruTshisekedi, a présidé la cérémonie officielle organisée au Mémorial du Genocost où, après un moment de recueillement en hommage aux millions de victimes des massacres, des déplacements forcés, des violences sexuelles et d’autres atrocités commises depuis près de trois décennies, il a appelé la nation à préserver la mémoire collective.
« Aujourd’hui, la République tout entière se tient debout, dans le silence, le recueillement et la dignité. Elle rend hommage aux millions de femmes, d’hommes et d’enfants victimes de guerre, des massacres, des déplacements forcés, des violences sexuelles et des autres atrocités qui ont endeuillé notre pays », a déclaré le Chef de l’État.
Le Président de la République a insisté sur la portée historique de cette journée.

Le Président Félix Tshisekedi prononçant son discours à l’occasion de la commémoration de la Journée nationale du Genocost à Kinshasa
« Notre nation rassemble sa mémoire, sa douleur et son espérance. Elle ne le fait ni pour raviver les blessures, ni pour demeurer prisonnière du passé, mais pour rétablir la vérité, rendre aux victimes la place qui leur revient dans notre histoire et préserver les générations futures du retour de l’innommable », a-t-il déclaré, avant d’inviter les Congolais à renouveler trois engagements : « ne pas oublier », « ne jamais laisser les atrocités se répéter » et « commencer à guérir » à travers la vérité, la justice, la réparation et la solidarité.
Prenant la parole à cette cérémonie, le directeur général du Fonds national de réparation des victimes (Fonarev), Patrick Fata, a estimé que le Genocost devait constituer un patrimoine commun de tous les Congolais.
« Le Congo se relèvera non pas par l’oubli, mais par la vérité ; non pas par la vengeance, mais par la justice ; non pas par le silence, mais par la mémoire », a-t-il déclaré.

Patrick Fata, directeur général de Fonarev
Évoquant les massacres perpétrés dans plusieurs localités du pays, il a rappelé que « le Genocost, ce sont des millions de vies interrompues » et souligné que « le génocide n’est malheureusement pas un souvenir. Il demeure une tragédie en cours ».
Le coordonnateur de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (Ciavar), François Kakese, a, pour sa part, présenté les avancées enregistrées dans le plaidoyer international pour la reconnaissance du Genocost, estimant que « la mémoire s’est transformée en action » grâce au renforcement du narratif national, aux réformes engagées et aux progrès réalisés dans le processus de réparation.

Le ministre des Droits humains, prononçant son discours à l’occasion de la commémoration du Genocost à Kinshasa
Le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a rappelé que l’édition 2026 est placée sous le thème : « Maintenant que tu sais, que fais-tu ? », expliquant que cette commémoration vise à renforcer l’appropriation nationale du Genocost et à prévenir la répétition des atrocités.
Les témoignages de survivants ont constitué l’un des temps forts de la cérémonie de Kinshasa. Plusieurs victimes ont raconté les violences subies, appelant à la justice, à la réparation et à la reconnaissance de leurs souffrances.
Une mobilisation observée dans toutes les provinces
La commémoration s’est déroulée simultanément dans les vingt-six provinces de la République.
À Kenge, chef-lieu de la province du Kwango, un culte œcuménique a été organisé sous la présidence du gouverneur Willy Bitwisila. À Matadi, chef-lieu du Kongo Central, le gouverneur Grâce Bilolo a appelé les Congolais à promouvoir la justice, la paix et la réconciliation afin que les auteurs des atrocités répondent de leurs actes.
À Bunia, chef-lieu de l’Ituri, le coordonnateur provincial du Fonarev, Xavier Macky, a invité la population à préserver la mémoire des victimes, tout en réaffirmant l’engagement du Fonds en faveur de la vérité, de la justice et de la réparation.
À Kisangani, chef-lieu de Tshopo, les responsables de l’Église du Christ au Congo (ECC) et de la communauté musulmane ont insisté sur la nécessité de transformer cette journée en un moment de prise de conscience collective, tandis qu’à Kananga, chef-lieu du Kasaï Central, des acteurs locaux ont plaidé pour que les témoignages des survivants occupent une place centrale dans les commémorations.
Des cérémonies officielles, des cultes, des dépôts de gerbes, des hommages aux victimes et des moments de recueillement ont également été organisés à Lubumbashi, chef-lieu du Haut-Katanga, à Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Équateur, à Tshikapa, chef-lieu du Kasaï, à Isiro, chef-lieu du Haut-Uélé, à Opala, dans la province de la Tshopo, ainsi que dans les autres chefs-lieux provinciaux, illustrant la volonté d’ancrer cette journée dans la mémoire nationale.
Instituée par le Président de la République, la Journée nationale du Genocost est célébrée chaque 2 août en mémoire des millions de victimes des massacres, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en RDC depuis les conflits déclenchés au milieu des années 1990. Elle s’inscrit dans une démarche de reconnaissance historique, de justice transitionnelle et de réparation portée notamment par le Fonarev et la Ciavar. Depuis 2026, le narratif du Genocost est intégré dans les programmes de l’enseignement primaire et secondaire afin de transmettre cette mémoire aux jeunes générations.
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