Kinshasa, 29 janvier 2026 (ACP).- L’impératif de bâtir un système national fondé sur la prévention, l’anticipation et la résilience face à la gestion des risques de catastrophes a été évoqué mercredi, par la Première ministre, à l’ouverture de d’un atelier sur le « Système d’alerte précoce pour tous (EW4All) » en République démocratique du Congo.
« Les impacts du dérèglement climatique tels que les inondations, les sécheresses et les épidémies, continuent de provoquer des pertes en vies humaines, des destructions d’infrastructures, l’affaiblissement des économies locales et des pressions sur les finances publiques. Face à cette triste réalité, le statu quo n’est plus une option. Il est impératif de rompre avec une approche essentiellement réactive, coûteuse et insuffisante pour bâtir un système national fondé sur la prévention, l’anticipation et la résilience », a déclaré Judith Suminwa, Première ministre.
Dans cette dynamique, a-t-elle ajouté, son Gouvernement, sous l’impulsion du Président de la République, a engagé des réformes majeures dans le domaine de la gestion des risques de catastrophes, et ce, en cohérence avec le cadre « Sendai 2015-2030 ».
« Aujourd’hui, notre pays peut légitimement se prévaloir (…) d’une stratégie nationale de gestion des risques de catastrophes et d’une politique nationale de gestion des risques de catastrophe », a affirmé la Cheffe du Gouvernement, avant de préciser que ces acquis constituent des fondations solides pour la construction d’un système national moderne et efficace de réduction des risques.
Selon Mme Suminwa, ces acquis témoignent également de la volonté politique claire de son gouvernement d’inscrire la protection des populations parmi ses priorités stratégiques.
« Les systèmes d’alerte précoce multirisques représentent, de ce fait, un outil essentiel pour concrétiser cette ambition. Ils permettent d’agir à temps, de sauver des vies, de réduire les pertes économiques, de renforcer la sécurité des citoyens, ainsi que leur confiance dans l’action de l’État », a-t-elle expliqué, tout en indiquant que le gouvernement place son grand espoir dans l’initiative « Early Warnings for All » (EW4All) lancée par le Secrétaire général des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR) en particulier.
La RDC dispose d’une stratégie nationale de gestion des risques de catastrophe inclusive

Le vice-Premier ministre de l’Intérieur et sécurité, Jacquemain Shabani
Par ailleurs, le vice-Premier ministre de l’Intérieur et sécurité, Jacquemain Shabani, a rappelé que les inondations récurrentes, les glissements de terrain, les coulées de boues, les sécheresses localisées, les épidémies, ainsi que les accidents industriels et les risques environnementaux continuent d’affecter les communautés, de fragiliser les infrastructures et de peser lourdement sur l’économie.
C’est pourquoi, a-t-il dit, le Gouvernement de la République s’est engagé résolument dans un changement de paradigme, en plaçant la prévention, l’anticipation et la réduction des risques au cœur de l’action publique.
« Notre pays dispose aujourd’hui d’une stratégie nationale de gestion des risques de catastrophes élaborée de manière inclusive. Et plus récemment, une politique nationale de gestion des risques de catastrophes vivement adoptée en Conseil des ministres. Ces instruments constituent des avancées majeures », a-t-il rassuré, tout en précisant que la mise en œuvre effective de cette stratégie et politique nationale exige des capacités techniques en force, une coordination institutionnelle solide, des ressources financières adéquates et un accompagnement stratégique soutenu par les partenaires.
Investir dans la réduction des risques de catastrophes afin de protéger les vies

Kamal Kishore, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la réduction des risques des catastrophes
De son côté, le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies chargé de la réduction des risques de catastrophes, Kamal Kishore, a fait remarquer que la RDC est confrontée à une « double crise », à savoir, des phénomènes météorologiques extrêmes, tels que des inondations, aggravés par les effets des conflits et des déplacements massifs de populations.
« Dans ce contexte, il est essentiel d’investir dans la réduction des risques de catastrophes afin de protéger les vies et les moyens de subsistance. En réduisant la vulnérabilité aux catastrophes, nous réduisons non seulement les besoins humanitaires, mais nous préservons également les acquis du développement obtenus de haute lutte », a-t-il fait savoir.
Selon lui, les systèmes d’alerte précoce offrent des avantages directs en réduisant jusqu’à six fois la mortalité liée aux catastrophes, et à 30% les pertes économiques liées aux catastrophes lorsque les alertes sont émises au moins 24 heures à l’avance.
Cet atelier, prévu du 28 au 29 janvier à Kinshasa, est organisé par le Gouvernement congolais en collaboration avec UNDRR et l’appui des partenaires techniques et financiers.
ACP/C.L.

