Bunia, 22 avril 2026 (ACP).- La protection des civils et les efforts de stabilisation durable de la province de l’Ituri, face à la situation sécuritaire persistante dans l’est de la République démocratique du Congo, ont fait l’objet d’échanges, mercredi à Bunia, entre le gouverneur militaire et le chef de la Monusco.
«Il s’agit de protéger les civils. On ne peut pas refuser une aide d’un ami ou d’un partenaire», a déclaré le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya.
À l’issue de cette rencontre avec le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en RDC, James Swan, le lieutenant-général Luboya a salué l’amélioration progressive de la situation sécuritaire de sa province, grâce aux efforts de sensibilisation menés sur le terrain.
«Nous avons commencé avec la sensibilisation et je pense qu’aujourd’hui, on a vraiment avancé», a-t-il indiqué, avant d’évoquer également la poursuite des opérations conjointes dans le territoire de Mambasa.
Il a, à cette occasion, relevé que la question des déplacés internes reste toutefois sensible dans une province marquée par des violences récurrentes.
«On ne peut pas accepter d’avoir des camps de déplacés à un kilomètre de la maison», a-t-il affirmé, estimant que certaines perceptions de l’insécurité relèvent de la manipulation.
Le gouverneur militaire a cité des exemples de retour progressif de populations dans certaines zones anciennement touchées par les combats. «Ces populations sont rentrées parce qu’il y a un leader qui a compris qu’on ne peut pas accepter d’avoir des populations dans des sites de déplacés», a-t-il expliqué, tout en évoquant le cas du chef Khawa.
Dans ce contexte, il a également défendu la présence de la Monusco face aux critiques persistantes dans certaines communautés locales. «Ce sentiment-là, c’est plus de la manipulation. Comment peut-on avoir un sentiment contre nos partenaires qui sont venus pour nous aider à protéger cette population ?», a-t-il déclaré.
De son côté, James Swan a insisté sur la nécessité d’une action coordonnée pour stabiliser durablement la province. «Nos échanges ont porté sur la situation sécuritaire, la protection des civils et les efforts conjoints nécessaires pour stabiliser durablement la province», a affirmé le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies.
Par ailleurs, il a rappelé que l’Ituri reste confrontée à l’activisme de plusieurs groupes armés, dont la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), la Convention pour la révolution populaire (CRP) et les Forces démocratiques alliées (ADF), responsables de déplacements massifs et de tensions intercommunautaires, ce qui, d’après lui, rend indispensable le renforcement de la coopération entre les autorités congolaises, la Monusco et les acteurs humanitaires. ACP/UKB

