Kinshasa, 21 juillet 2026 (ACP).- Le rôle écologique majeur des tourbières du bassin du Congo situées au Nord-Ouest de la République démocratique du Congo, leur faible niveau de contamination métallique et la richesse de leur biodiversité microbienne ont fait l’objet mardi d’une thèse doctorale à l’Université pédagogique nationale (UPN) à Kinshasa.
« L’étude, réalisée à partir de trente échantillons prélevés à 1,5 mètre de profondeur, révèle que ces tourbières présentent un pH fortement acide, une humidité très élevée et une teneur en carbone organique comprise entre 61 % et 72 %, confirmant leur statut de véritables puits de carbone contribuant à l’atténuation des effets du changement climatique », a déclaré Junior Falanga, auteur de la thèse.
Il a fait savoir que les analyses ont également montré que la plupart des métaux lourds mesurés se situent dans les limites naturelles, à l’exception du cadmium qui présente une pollution faible à modérée nécessitant un suivi régulier.
« Sur le plan microbiologique, plus de 5.000 variantes de séquences d’amplicons ont été identifiées, avec une prédominance des groupes bactériens adaptés aux milieux acides, humides et pauvres en oxygène », a-t-il ajouté.
Selon les conclusions de cette recherche, les tourbières étudiées demeurent des écosystèmes globalement bien préservés, dotés d’une communauté microbienne spécialisée et d’un fonctionnement écologique cohérent, ce qui renforce leur importance dans les stratégies nationales et internationales de conservation de la biodiversité et de lutte contre le changement climatique.
Le chercheur a recommandé notamment le classement des tourbières parmi les zones écologiques sensibles, la création d’aires protégées, l’interdiction du drainage, de la déforestation et de l’assèchement à des fins agricoles ou minières, ainsi que la mise en place d’un système permanent de suivi environnemental et d’une base de données nationale ouverte sur les tourbières du bassin du Congo.
« Cette recherche constitue l’une des premières études intégrées en République démocratique du Congo associant les analyses physico-chimiques, métalliques et microbiologiques des tourbières tropicales, fournissant des données scientifiques de référence pour leur gestion durable et leur conservation », a relevé le récipiendaire qui, à l’issue de la soutenance de cette thèse a été proclamé docteur en sciences et technologie avec mention, la plus grande distinction. ACP/ N/ K

