Kinshasa : les étudiants appelés à combattre l’« ensorcellement scientifique » pour contribuer au développement

Kinshasa, 31 mai 2026 (ACP).- Les étudiants congolais ont été appelés samedi à développer leur esprit critique et à lutter contre ce qui a été qualifié d’« ensorcellement scientifique », pour contribuer au développement du pays, lors d’une conférence organisée par le Parlement des étudiants à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).

« Nous avons été invités par le Parlement des étudiants, sous la conduite de son président, afin de réveiller la jeunesse sur certaines réalités qui freinent son développement et celui du pays. L’objectif était de toucher les esprits et les cœurs pour que les jeunes ne s’endorment pas, mais cherchent à comprendre ce qu’est l’ensorcellement scientifique et comment le combattre », a déclaré le professeur Degrace Nsaman, docteur en management, à l’Université du Cepromad (Unic) , entrepreneur et conférencier.

Intervenant sur la thématique «Les Congolais, peuple béni mais scientifiquement ensorcelé ?», le professeur Nsaman a fait savoir que cette notion renvoie à un processus collectif de destruction qui dépasse les individus et s’exprime à travers des mécanismes sociaux, institutionnels et comportementaux affectant le développement national.

« Malgré ses immenses richesses et son potentiel, le peuple congolais semble engagé dans une dynamique d’autodestruction. Cela se traduit notamment par le manque de civisme, l’insalubrité, les divisions entre compatriotes et l’incapacité à identifier clairement les véritables problèmes qui freinent notre progression », a-t-il expliqué.

Pour étayer son analyse, l’orateur a indiqué s’être appuyé sur plusieurs références, notamment un manuel de sabotage attribué à la CIA et déclassifié après plusieurs décennies, un ouvrage intitulé Comment fabriquer des esclaves ainsi que les méthodes d’opérations psychologiques utilisées dans certaines grandes organisations.

Il a soutenu que ces références démontrent que la destruction d’un peuple peut être organisée à travers des mécanismes psychologiques et sociaux capables d’influencer durablement les comportements collectifs.

Au-delà du diagnostic, le conférencier a lancé un appel à la vigilance intellectuelle et à la prise de conscience citoyenne, estimant que la jeunesse doit jouer un rôle central dans la transformation du pays. « Chaque Congolais doit lire, se former et aller au-delà des seules compétences techniques. Quel que soit son métier, il doit travailler d’abord pour l’intérêt supérieur de la nation », a-t-il recommandé.

Pouvoir, opposition et société civile appelés à s’impliquer pour la révision constitutionnelle

L’intervenant a également évoqué la question de la réforme constitutionnelle, affirmant qu’une éventuelle modification de la Constitution devrait être guidée exclusivement par l’intérêt général du peuple congolais.Et le pouvoir, l’opposition et la société civile doivent s’impliquer pour cette révision constitutionnelle.

« Si la Constitution doit être changée, cela doit se faire pour le bien suprême du peuple et non pour satisfaire des intérêts particuliers. Il est nécessaire de réunir toutes les parties prenantes dans un cadre de dialogue inclusif afin de rechercher des solutions communes », a-t-il déclaré.

Selon lui, le contexte sécuritaire et les défis auxquels fait face le pays imposent de privilégier l’unité nationale au-delà des clivages politiques.

Il a par ailleurs salué les efforts entrepris dans le secteur de l’Enseignement supérieur et universitaire, notamment ceux des autorités gouvernementales, estimant que la lutte contre l’« ensorcellement scientifique » constitue un combat collectif déjà porté par plusieurs acteurs institutionnels.

En conclusion, l’orateur a invité les étudiants à cultiver l’amour de la patrie, à rejeter l’égoïsme et à participer activement à la construction d’une société plus consciente et plus solidaire.

ACP/

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