Kongo Central : le personnel d’un institut supérieur réclame un nouveau comité de gestion

Kinshasa, 18 octobre 2026 (ACP).- La mise en place d’un nouveau comité de gestion à la tête de l’Institut supérieur pédagogique (ISP) de Matadi, au Kongo Central, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo, a été réclamée à l’issue d’une réunion du personnel tenue samedi, selon la déclaration consultée dimanche par l’ACP.

« L’Assemblée générale demande à Mme la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (Esursi) de prendre, en urgence, les mesures appropriées en vue de la mise en place d’un nouveau comité de gestion à la tête de l’ISP de Matadi », a-t-on lu dans la déclaration sanctionnant l’Assemblée générale des agents et enseignants de cette institution d’enseignement supérieur.

« Ce nouveau comité devra avoir pour mission prioritaire le redressement administratif, financier et institutionnel de l’ISP de Matadi, la restauration d’un climat social apaisé, l’amélioration des conditions de travail et la relance du fonctionnement académique », a fait savoir la délégation syndicale de l’ISP dans ce document, estimant, à cet effet, que l’institution devrait, pour la première fois, être confiée à un comité de gestion dirigé par des fils et filles de la maison, c’est-à-dire « des cadres issus de l’ISP de Matadi, qui connaissent de l’intérieur son histoire, ses réalités, ses difficultés ainsi que les véritables problèmes auxquels elle est confrontée ».

La démission des quatre membres exigée sous 72 heures

Se disant profondément préoccupée par la situation de cette institution, l’Assemblée générale a estimé qu’un changement de gouvernance s’imposait afin de restaurer la crédibilité de l’établissement, d’améliorer ses conditions de fonctionnement et de garantir une rentrée académique apaisée.

 C’est dans cette optique qu’elle a exigé des quatre membres du comité de gestion qu’ils déposent leur démission auprès de l’autorité de tutelle dans un délai de soixante-douze (72) heures à compter de l’adoption de cette déclaration.

« À défaut d’une suite favorable à cette exigence dans le délai imparti, l’Assemblée générale mandate la délégation syndicale pour engager les démarches nécessaires au déclenchement d’un mouvement de grève, conformément aux procédures applicables. Ce mouvement se poursuivra jusqu’à l’aboutissement de la revendication relative au départ des quatre membres du comité de gestion actuel », a-t-on lu dans cette déclaration sanctionnant la réunion. 

L’Assemblée générale a, en outre, exigé qu’aucun de ces quatre membres démissionnaires ne soit repris dans le nouveau comité.

Dans leurs revendications, les agents et enseignants de l’ISP de Matadi ont rappelé les injonctions précédemment adressées par la tutelle à ce comité de gestion, auxquelles celui-ci n’a pas donné suite.

« Après examen de la situation générale de notre institution et évaluation de sa gestion depuis l’avènement du comité de gestion actuel, il y a environ quatre (4) ans, nous dressons un constat particulièrement amer au regard de la dégradation de son fonctionnement, des préoccupations persistantes du personnel et du non-paiement des primes internes », ont-ils fait savoir.

Des irrégularités relevées dans les projets d’infrastructures

Le personnel de l’ISP de Matadi a rappelé la suspension, par la ministre Marie-Thérèse Sombo, dans sa décision du 21 août 2026, de la précédente décision autorisant le recours à un emprunt bancaire, ainsi que les mesures conservatoires imposées au comité de gestion de cet établissement.

Selon la délégation syndicale de l’ISP de Matadi, « le rapport de la mission d’évaluation technique, de contrôle administratif et d’audit financier des projets d’infrastructures et des sites acquis, dépêchée par la tutelle, a révélé l’inexistence effective des travaux de construction prévus et l’absence de titres de propriété pour les sites acquis, voire l’absence de tout site acquis ; la carence manifeste d’organisation administrative, l’absence totale de procédures formalisées et le défaut d’un plan de remboursement fiable ; la chute drastique du nombre d’étudiants inscrits ; ainsi que l’incertitude majeure quant à la régularité du fonctionnement des organes dirigeants ».

La ministre Sombo avait également rappelé aux autorités académiques placées sous sa tutelle, dans sa note circulaire du 5 octobre 2026 relative au respect de la collégialité et des attributions, à la cessation des dysfonctionnements et à la préparation de l’année académique 2026-2027, qu’« aucun conflit de personnes ni aucun intérêt particulier ne saurait prévaloir sur les textes, l’intérêt de l’institution et la continuité du service public ».

« J’attache du prix à l’exécution stricte et immédiate de la présente note circulaire », avait insisté la ministre, citée par la source.

ACP/Dianzenza

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