La formation continue des éducateurs spécialisés renforce l’accompagnement des personnes handicapées (Une thèse doctorale)

Kinshasa, 10 juin 2026 (ACP).- La formation continue des éducateurs spécialisés dans une institution de l’Archidiocèse de Kinshasa, assurant la prise en charge des personnes handicapées en République démocratique du Congo, a été présentée mercredi comme un levier de renforcement des compétences, lors d’une soutenance de thèse doctorale à l’Université pédagogique nationale (UPN).

« Au terme de cette recherche consacrée à la formation continue des éducateurs dans les villages Bondeko de Kinshasa, il ressort que la question posée au départ à savoir dans quelle mesure la formation continue contribue au renforcement des compétences professionnelles des éducateurs spécialisés et à l’amélioration des pratiques en éducation spécialisée trouve une réponse globalement positive, mais fortement nuancée par les conditions institutionnelles de sa mise en œuvre », a déclaré Evelyne Longo, auteur de la thèse. « La formation continue apparaît, dans les représentations comme dans les attentes des acteurs, comme un levier important de professionnalisation et de gestion des ressources humaines; cependant, dans les faits, elle demeure encore faiblement institutionnalisée, insuffisamment planifiée et inégalement alignée sur les exigences du terrain », a-t-elle ajouté. La cheffe des travaux a indiqué que l’un des principaux constats de l’étude est la faiblesse de l’accès à la formation continue. Selon elle, plus des deux tiers des enquêtés déclarent n’en avoir jamais bénéficié dans le cadre de leur travail, et une proportion équivalente affirme n’avoir suivi aucune formation au cours des douze derniers mois.

Mme Longo a également souligné que, lorsque cette offre existe, elle est généralement perçue comme ponctuelle, brève et discontinue, prenant souvent la forme de conférences, séminaires ou ateliers de courte durée. Ces résultats, a-t-elle expliqué, montrent que la formation continue ne constitue pas encore un dispositif systématique d’actualisation des compétences, mais plutôt une opportunité intermittente.

Malgré ces limites, l’étude n’a soutenu que la formation continue produit des effets positifs nets. « Meilleure maîtrise des méthodes d’encadrement, gestion des situations difficiles, communication avec les enfants à besoins spécifiques, collaboration avec les parents et confiance professionnelle. Toutefois, ces bénéfices restent plus forts au niveau individuel qu’au niveau organisationnel », a révélé le récipiendaire.

Un déficit de gouvernance formative

Sur le plan des ressources humaines, la thèse a indiqué que la formation continue n’est pas encore considérée comme une priorité managériale.

« L’identification des besoins reste irrégulière et l’insuffisance du soutien institutionnel apparaît comme un obstacle plus saillant encore que le manque de financement. Pourtant, une majorité d’enquêtés estime qu’une politique structurée améliorerait le fonctionnement des villages Bondeko », a-t-elle fait savoir.

Pour repenser l’éducation spécialisée, l’auteur a formulé six recommandations.

« Institutionnaliser une politique de formation continue intégrée à la GRH, avec budget et évaluation ; Mettre en place un diagnostic régulier des besoins ; Recentrer les contenus sur les réalités du terrain ; Privilégier ateliers pratiques, coaching et supervision ; Renforcer le leadership formatif des responsables ; Articuler la formation à la qualité des services et à l’inclusion », a suggéré Evelyne Longo.

Cette thèse a valu à la candidate le grade de docteur en gestion et administration scolaires, avec mention « grande distinction ». ACP/Nsimba/Kabamba

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