Kinshasa, 10 juin 2026 (ACP).- L’implication de l’église catholique dans l’éthique politique et au processus de démocratisation avec un accent sur la contribution de l’épiscopat à la socialisation politique en République démocratique du Congo, a fait l’objet d’une soutenance de thèse doctorale, mercredi à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa.
« Cette thèse est intitulée: Implication de l’Eglise catholique dans l’éthique politique et au processus de démocratisation en République démocratique du Congo : contribution de l’épiscopat dans la socialisation politique. L’étude explore comment l’épiscopat congolais contribue à l’éthique politique et au processus de démocratisation par la socialisation politique, les actions menées, et la signification de cette contribution », a déclaré le chef de travaux José Ngoma, auteur de la thèse.
D’après lui, les hypothèses principales affirment que l’Église, à travers l’épiscopat et la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (Cenco), favorise la démocratie participative en éduquant civiquement, en jouant un rôle de médiateur, mobilisateur et défenseur des droits, tout en observant les processus électoraux.
Selon les résultats, la Cenco est perçue comme un acteur clé qui dénonce la mauvaise gouvernance, forme civiquement, observe les élections et veille au respect constitutionnel.
« Ses moyens d’action incluent formations, dialogues, discours, interpellations, manifestations, prédications et usage des médias », a-t-il révélé, avant de préciser que l’enquête, menée auprès d’un échantillon majoritairement jeune, urbain, a fait savoir que la majorité reconnaît un lien entre religion et politique, et apprécie le rôle de l’épiscopat dans la socialisation politique.
Pour le chef des travaux Ngoma, cette enquête a pointé toutefois que « le pouvoir politique de Kinshasa est peu réceptif à cette contribution ».
« Les principaux points de tension avec le pouvoir ont porté sur la mauvaise gouvernance, l’évaluation électorale, le respect de la Constitution, les inégalités sociales, la corruption et le détournement des fonds publics », a-t-il renchéri.
Face à ce contraste, l’étude a suggéré des mesures de rétorsion : « diabolisation, menaces, répression, arrestations et violences ».
S’appuyant sur les approches systémiques, dialectiques et d’analyse stratégique, la thèse conclut que, malgré son apport à l’amélioration du processus démocratique, cette contribution demeure insuffisamment significative et continue de susciter des tensions
Par ailleurs, l’auteur a souligné que l’action de l’Église catholique « s’inscrit dans la durée et porte progressivement ses fruits », tout en précisant que la portée de l’étude se limite à l’Église catholique, sans évaluer l’ensemble des acteurs de la société civile.
À l’issue de la soutenance, marquée par les échanges avec les membres du jury et les délibérations, José Ngoma a été proclamé docteur en sciences politiques et administratives avec la mention «la plus grande distinction». ACP/Nsimba/Kabamba

