La RDC exige le retrait « complet » des troupes rwandaises et non leur redéploiement

Kinshasa, 21 décembre 2025 (ACP).- Le Président de la République démocratique du Congo (RDC) a réitéré la position inchangée de son Gouvernement, exigeant le retrait total, et non un redéploiement des troupes rwandaises et de leurs supplétifs, de l’ensemble du territoire congolais, lors d’un sommet des Chefs d’États tenu dimanche par vidéo conférence, d’après la Présidence congolaise.

« À cet égard, je veux être parfaitement clair : ce que nous attendons, ce n’est ni un redéploiement, ni un déplacement tactique, mais le retrait effectif, complet et sans équivoque des troupes rwandaises de l’ensemble du territoire de la République démocratique du Congo, conformément aux engagements pris et aux résolutions en vigueur », a déclaré le Président Félix Tshisekedi, au sommet ad hoc des Chefs d’État et de Gouvernement du Mécanisme régional de suivi de l’accord-cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), consacré à la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC.

Le Président Tshisekedi a, en outre, exprimé son indignation quant à la continuité de la présence des troupes rwandaises et de leurs supplétifs de l’AFC/M23 dans les territoires des provinces du Nord et du Sud-Kivu, où elles poursuivent leurs exactions, dans une grave violation de l’accord de paix de Washington signé le 4 décembre dernier entre les Présidents congolais et rwandais, sous la médiation de leur homologue américain Donald Trump.

Il a particulièrement évoqué le prétendu retrait annoncé du   territoire d’Uvira, non encore effectif.

« Le prétendu retrait de l’AFC/M23 d’Uvira ne correspond ni aux faits ni aux observations recueillies sur le terrain. Nos informations établissent que des éléments armés demeurent présents dans la ville et ses environs immédiats, que des positions stratégiques restent occupées et que la population continue d’être exposée à des exactions », a-t-il fait savoir.

D’après le chef de l’Etat congolais, ce retrait annoncé, mais ni effectif, ni vérifié, ni suivi du rétablissement de l’autorité des forces régulières, ne saurait être considéré comme un retrait réel.

La crédibilité de tout processus de paix repose sur des actes vérifiables, et non sur des déclarations de circonstance, a-t-il martelé.

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont dénoncé samedi, dans un communiqué, le prétendu retrait des combattants de l’AFC/M23 de la ville d’Uvira, qui dissimule en réalité un « redéploiement tactique » vers les hauts plateaux environnants.

L’armée a également dénoncé des tentatives de contournement de ses positions par les collines menant vers Fizi, estimant que ces mouvements confirment l’absence de tout désengagement réel de la part de l’AFC/M23.

Ce sommet se tient deux jours après le prolongement du mandat de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (Monusco), présente au pays depuis 1999, lors d’une réunion du Conseil de sécurité à New York.

Ce mandat est prorogé jusqu’au 20 décembre 2026, en maintenant un plafond de personnel autorisé de 11.500 militaires, 600 observateurs militaires et officiers d’état-major, 443 policiers et 1 270 membres d’unités de police constituées, a annoncé le Conseil à l’issue de sa réunion. ACP/C.L.

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