Kinshasa, 24 octobre 2026 (ACP).- La société civile du Sud-Kivu, une province de l’Est de la République démocratique du Congo, s’est dite indignée de voir l’ancien président Joseph Kabila prendre la tête d’un mouvement politico-militaire après les 18 ans de son règne, selon une déclaration parvenue samedi à l’ACP.
« Comment ne pas être indigné de voir un ancien Chef de l’Etat, qui a dirigé ce pays pendant 18 ans, qui a prêté serment de défendre la Constitution et l’intégrité territoriale, s’afficher aujourd’hui comme chef d’un groupe politico-militaire qui sème mort et désolation de la population innocente ? », a-t-on lu.
« La Société Civile du Sud-Kivu, à travers son bureau de Coordination provinciale, exprime son indignation la plus totale et sa profonde consternation face à la situation chaotique qui prévaut (…) plus particulièrement dans la partie Est, ainsi que face à la récente sortie médiatique de l’ancien Président de la République, Joseph Kabila Kabange », a ajouté le document.
Cette organisation a qualifié de « haute trahison et une abomination », la dernière sortie médiatique de Joseph Kabila avant d’estimer que l’ancien chef de l’Etat congolais a craché « sur la mémoire de millions de Congolais morts pour la Patrie. C’est une insulte à la fonction présidentielle qu’il a incarnée ».
Pour la société civile du Sud-Kivu, « Monsieur Joseph Kabila ne peut pas à la fois se prévaloir du statut d’ancien Président de la République, avec tous les honneurs et privilèges que la Nation lui accorde, et en même temps, diriger une rébellion qui tue les enfants de cette même Nation ».
La Société civile du Sud-Kivu, rappelle la source, a eu le privilège d’intervenir à la réunion du conseil de sécurité tenue le 29 septembre dernier et a déploré que cette province congolaise, comme l’Est de la RDC en général, est en train de saigner. « La province du Sud-Kivu est devenue un cimetière à ciel ouvert. Nos populations sont massacrées, déplacées, violées, affamées. Nos enfants sont amenés par force à faire l’armée », a-t-elle indiqué.
« Le fait pour lui de choisir d’être un chef d’un mouvement rebelle, il hérite le passif et l’actif des actes posés par la coalition l’AFC/M23/RDF/TWIRANEHO ; d’où il doit assumer les conséquences de ce choix devant le tribunal de l’histoire et le peuple congolais qui a perdu toute considération en lui », a conclu la déclaration.
La société civile du Sud-Kivu, a souligné la source, appelle le peuple congolais, et particulièrement la jeunesse de cette province, à ne pas céder à la manipulation et à rester attachée à l’unité nationale. Elle interpelle la communauté internationale, en particulier le Conseil de sécurité, les USA, l’Union Africaine et l’Union Européenne, pour qu’elle cesse de fermer les yeux sur ceux qui entretiennent l’insécurité à l’Est pour des intérêts égoïstes. ACP/Wa

