Kinshasa, 22 décembre 2025 (ACP). – Le Président de la République démocratique du Congo (RDC) a lancé, lundi, les travaux de construction d’une ville moderne, en prolongement de Kinshasa, capitale du pays, dans sa partie orientale, lors d’une cérémonie à la Cité de Menkao, dans la commune urbano-rurale de Maluku.
«En ce jour historique, marqué par la pause de la première pierre du projet d’extension de la ville de Kinshasa vers Maluku, dans sa composante cité industrielle et sa composante complexe hospitalière, je voudrais affirmer ici haut et fort que la cérémonie qui nous réunit aujourd’hui dépasse largement le cadre symbolique d’un démarrage solennel des travaux», a déclaré Alexis Gisaro, ministre de l’Urbanisme et habitat, avant la pose de la première pierre par le Président Félix Tshisekedi. Cette cérémonie constitue aussi, d’après lui, un acte politique majeur, une décision stratégique assurée et surtout une rupture nette des décennies d’urbanisation subie.
«La pierre que vous posez aujourd’hui est le socle d’une nouvelle ville de Kinshasa mieux organisée, mieux connectée, plus productive et résolument tournée vers l’avenir. Par cet acte, vous envoyez un message clair : le temps de l’improvisation urbaine est révolu, le temps du désordre humain urbain est terminé», a-t-il fait savoir. La construction de cette nouvelle ville est un moyen de prévention face à l’évolution démographique dans la capitale congolaise, devenue une mégapole de plus de 16 millions d’habitants, avec le risque, selon certaines projections crédibles, de devenir, d’ici à 2030, la plus grande ville du continent africain.
Faire de Kinshasa un pôle de production et d’innovations
En outre, le ministre de l’Urbanisme a précisé que le projet «Kinshasa Kia mona» traduit aussi la mise en œuvre de la démarche gouvernementale visant à faire de la planification urbaine un levier de développement économique avec plusieurs pôles de développement. «L’ambition de votre gouvernement est de faire du projet d’extension de la ville de Kinshasa, dénommée +Kinshasa Kia mona+, un projet à vocation économique et industrielle, planifié pour transformer la périphérie de Kinshasa en un pôle de production et d’innovation où elle cesse d’être une ville à un seul centre pour devenir un réseau de pôles complémentaires connectés au reste du territoire national et aux corridors régionaux», a-t-il dit.
La cité industrielle de Maluku, première phase du projet

En énumérant, par ailleurs, les différentes composantes de cette ville moderne, Alexis Gisaro a précisé que le chantier débutera par l’aménagement de la cité industrielle de Maluku, après cette étape suivront d’autres infrastructures.
«La cité industrielle de Maluku qui constitue la première phase de ce projet, s’étend sur 75 km² au sein d’une ville projetée sur 430 km² où seront installées les premières unités de production, les ateliers de transformation, les entrepôts logistiques et les infrastructures énergétiques et routières», a-t-il précisé. Selon lui, ces usines constitueront le cœur économique du projet, le moteur financier et le poumon productif qui permettra, dans une seconde étape, de construire la zone résidentielle et les équipements urbains associés aux logements, écoles, hôpitaux, marchés, espaces verts, etc.
«Ainsi, l’industrie précède la ville pour mieux la soutenir. C’est une logique de développement intégrée où l’activité économique génère les ressources nécessaires à l’urbanisation durable», a conclu le ministre Gisaro. Pour M. Daniel Bumba, gouverneur de la ville de Kinshasa, l’extension de la capitale congolaise n’est pas un simple projet d’infrastructure. Selon lui, elle est une réponse concrète aux embouteillages, à la saturation urbaine, au désordre spatial et au défi de l’emploi des jeunes.
«Elle incarne notre volonté commune de bâtir une capitale attractive, équilibrée et tournée vers l’avenir», a-t-il dit. Le gouverneur Bumba a, par ailleurs, appelé au respect strict des délais, des normes de qualité et des règles de sécurité. «La réussite de ce projet est une exigence collective et un devoir envers les générations présentes et futures», a-t-il souligné.
M. Thierry Katembwe, coordonnateur principal du Comité stratégique pour la supervision du projet d’extension de la ville de Kinshasa (CSSPEVK) a, pour sa part, indiqué, que «ce nouveau départ s’inscrit sur 430 km²». Pour lui, «Kinshasa Kia mona est une ville résiliente, intelligente, écologique et moderne». «Cette ville va être, enfin, le point de départ pour un grand projet. 700 500 hectares, soit 75 km² carré, c’est cette cité industrielle», a-t-il dit.
«Cette cité industrielle va drainer, sur les 10 prochaines années d’exercice, 225 000 emplois. Sur sa première année, nous aurons besoin de 30 000 emplois. Et les jeunes sont attendus ici. Les nouveaux talents congolais sont déjà en cours avec nous», a-t-il souligné. Pour M. Thierry Katembwe, en 2026, les 160 usines de la cité industrielle seront terminées.
«Aujourd’hui, nous sommes en train de lancer ce projet, pas pour poser juste la pierre, mais les jalons sûrs de pouvoir démarrer ce projet et que sur les cinq prochaines années, en délivrant chaque année, l’année prochaine, les 160 usines de la cité industrielle seront terminées. Nous avons, ensuite, 1000 hectares de base logistique qui est le long du fleuve. Nous avons une marine et la zone des aménagements urbains autour de 20 000 hectares. Nous avons une zone agro-pastorale pour 8600 hectares, la trame verte», a-t-il expliqué. ACP/

