Bunia, 25 mai 2026 (ACP).- ).- Les services compétents ont été instruits de poursuivre et d’arrêter tous les auteurs présumés des incendies des centres d’isolement des patients d’Ebola à Bunia et Mongbwalu, dans la province de l’Ituri, épicentre de cette maladie dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé lundi le porte-parole du gouverneur militaire.
« Nous instruisons, au nom du gouverneur militaire, le lieutenant-général Johnny Luboya N’kashama, les services compétents de poursuivre toutes ces personnes et de les arrêter, car elles sont déjà identifiées », a déclaré le lieutenant Jules Ngongo, porte-parole du gouverneur militaire.
Il a dénoncé des actes ayant troublé l’ordre public lors d’une tentative de récupération d’un corps par des jeunes dans un contexte marqué par la résurgence de l’épidémie d’Ebola.
« Vous-mêmes observez comment certains jeunes ont troublé l’ordre public parce qu’ils voulaient récupérer un corps et que les forces de l’ordre se sont interposées. Nous sommes en train d’agir et nous ne pouvons pas mettre en danger la vie de toute une population parce que tel ou tel veut récupérer un corps pour se faire important devant les autres », a-t-il dit.
Le lieutenant Jules Ngongo a exhorté la population au respect strict des mesures barrières, qu’il a présentées comme le principal moyen de prévention contre la maladie à virus Ebola.
« Respectons les mesures barrières. Respectons les consignes données par l’autorité militaire de la province, car la vie de nos populations est en danger. Combien de fois allons-nous répéter qu’Ebola tue et que cette maladie est très contagieuse ? La maladie est bien présente. N’attaquez pas les structures sanitaires et ne cherchez pas à récupérer les corps. Soyons conscients afin d’éviter la contamination et la propagation de cette maladie », a-t-il insisté.
Le porte-parole du gouverneur militaire a également appelé les leaders communautaires, religieux, politiques ainsi que les influenceurs à sensibiliser davantage la population sur les risques liés à la manipulation des corps pendant cette période d’épidémie.
« Nous appelons les leaders communautaires, les leaders des jeunes, les responsables politiques et toutes les personnes influentes à éduquer la population afin qu’elle évite de toucher les corps pour les ramener dans les familles. Il faut laisser les équipes de riposte prendre en charge les dépouilles et procéder à des enterrements dignes et sécurisés afin de briser la chaîne de contamination de la maladie à virus Ebola », a-t-il conclu.
Le premier cas de maladie à virus Ebola a été diagnostiqué en septembre 1976 dans le village de Yambuku (Bumba), dans l’ancienne province de l’Equateur. Un bilan de 318 cas et 280 décès avait été enregistré.
L’épidémie d' »Ebola Zaïre » de 2018-2020 à Mangina, Beni et Butembo avait fait pour sa part 2.200 morts dans la même région.
Actuellement, il s’agit d’une variante génétiquement distincte des précédentes épidémies Bundibugyo de 2007 et 2012, issue directement d’un réservoir animal, selon le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur de l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB).
L’épidémiologiste insiste sur le rôle central de l’engagement communautaire, « déjà démontré lors des réponses récentes » pour lutter contre Ebola.
Le renforcement des agents de santé communautaires est présenté comme un levier essentiel pour améliorer la détection précoce, la surveillance, la communication des risques.
Des mesures sont recommandées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour éviter la transmission du virus entre les personnes : lavage régulier des mains avec de l’eau et du savon ; utilisation d’une solution hydro alcoolique lorsqu’il n’y a pas d’eau disponible.
Quant aux agents de santé et des proches des malades, il leur est demandé le port d’équipements de protection, des gants, masques, lunettes et vêtements de protection.
Les agents de santé et les proches aidants doivent éviter les contacts avec les corps des personnes décédées. Les funérailles doivent être organisées par des équipes spécialisées.
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