Les réformes initiées pour crédibiliser la justice congolaise expliquées à la diaspora de Belgique

Bruxelles, 24 mars 2026 (ACP).- Le ministre d’État à la Justice et Garde des sceaux, en mission officielle en Belgique depuis dimanche dernier, a expliqué mardi à la diaspora de la République démocratique du Congo, au cours d’une conférence à l’ambassade de la RDC à Bruxelles, les différentes réformes introduites dans la loi en vue d’instaurer une justice crédible, qu’il considère comme l’unique passage pour atteindre la paix et le développement.

« Dès ma prise de fonction il y a huit mois, et conformément à la vision du Président Félix Tshisekedi et à la feuille de route du gouvernement, nous avons mis en place une série de réformes visant à rendre la justice crédible, en me focalisant sur cinq priorités », a déclaré M. Guillaume Ngefa.

Ces priorités sont la lutte contre l’impunité, la corruption et la spoliation des biens immobiliers de l’État et des particuliers, l’humanisation des conditions carcérales et pénitentiaires, la digitalisation des documents de justice, la réforme du cadre légal et l’activation de la coopération judiciaire ainsi que la lutte contre le désert judiciaire en créant des tribunaux de paix, même dans les coins reculés afin de combattre l’arbitraire, a-t-il expliqué.

Concernant les biens immobiliers, le ministre a révélé que 154 maisons de l’État ont été récupérées. Afin de combattre le désert judiciaire et avec l’autorisation du chef de l’État, des tribunaux de paix seront créés, notamment à Kabeya Kamuanga, à Tshilenge, à Basankusu et à Kutu, où ils n’avaient jamais existé, a poursuivi M. Ngefa. Chaque tribunal sera un complexe comprenant un parquet, un tribunal et la résidence du magistrat pour un coup de 500.000 dollars chacun.

Le ministre d’État à la Justice a aussi indiqué que le Président Tshisekedi a signé une ordonnance déclarant nuls et non avenus l’ensemble d’actes judiciaires posés par le M23/AFC dans les zones qu’occupe ce groupe armé soutenu par le Rwanda. « De même, nous suivons de près tous les crimes qui sont commis dans l’Est de la RDC pour que la réponse judiciaire soit appliquée », a fait savoir le ministre d’État Ngefa qui a précisé que c’est aussi là l’objectif de la coopération judiciaire nouée avec plusieurs pays, dont la Belgique et le Qatar, afin que les crimes et les infractions de corruption commis en RDC soient également punis à l’étranger et que les fonds de l’État qui sont détournés soient récupérés.

Des discussions sont aussi en cours aux mêmes fins entre autres avec l’Union européenne, les Pays-Bas, la Suisse, la Chine et la Zambie, a relevé le ministre d’État à la Justice.

Ce dernier a par ailleurs évoqué la mise en place du Tribunal pénal économique et financier, dont il reste la phase d’opérationnalisation et son arsenal juridique ainsi que la problématique des réseaux sociaux qui, selon lui, ne doivent pas consister en des espaces de non-droit, car les justiciables doivent distinguer liberté d’expression et infractions telles que l’injure et la diffamation.

La conférence s’est tenue en présence de l’ambassadeur de la RDC aux Benelux et auprès de l’Union européenne, M. Christian Ndongala Nkunku, qui a eu, dans la matinée, un échange avec le ministre d’État à la Justice sur des questions liées à la corruption, au blanchiment des capitaux et à toutes les formes de criminalité économique organisée. ACP/C.L.

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