Les retombées socio-économiques du commerce transfrontalier informel RDC-Angola, objet d’une thèse doctorale

Kinshasa, 29 avril 2026 (ACP).- Les retombées socio-économiques du commerce transfrontalier informel entre la République démocratique du Congo et l’Angola, via le marché de Lufu, en territoire de Songololo, province du Kongo Central, dans le sud-ouest de la RDC, a fait l’objet d’une thèse doctorale soutenue mercredi à l’Université pédagogique nationale, à Kinshasa, a constaté l’ACP.

« La préoccupation fondamentale que soulève cette étude est celle de savoir quels seraient les effets socio-économiques des échanges transfrontaliers informels sur les ménages entre la RD Congo et l’Angola via le marché de Lufu. Il serait donc question de mesurer la contribution de ces échanges transfrontaliers dans l’amélioration des conditions de vie des populations », a déclaré le chef de travaux Jérôme Fataki, auteur de la thèse.

« Le commerce transfrontalier est devenu une véritable pierre angulaire du développement économique régional. À mesure que les échanges de biens et services entre pays voisins se multiplient, ce secteur prend une importance stratégique. Il ne s’agit pas seulement de transactions ponctuelles, mais d’un ensemble d’activités portées par divers acteurs : commerçants, producteurs, transporteurs, qui contribuent activement à stimuler la production et à faciliter la circulation des marchandises. Dans une région où les économies sont étroitement liées, ces marchés transfrontaliers jouent un rôle essentiel », a-t-il ajouté.

L’étude a révélé que les deux pays, étroitement liés de par leur histoire, voient l’échange informel à travers le marché de Lufu accroitre significativement le bien-être de leurs populations respectives, et aussi leur encaisse publique en devises, au profit de leurs économies.

Grace à son approche qualitative, la dissertation doctorale a confirmé l’amélioration des revenus des commerçants (es) (99%), la proximité du marché de Lufu comme élément déterminant de la qualité des échanges et de la diversité des produits (68,8%), et la variété des produits alimentaires indispensables (farine, semoule, produits laitiers…) à la survie des populations kinoises en particuliers (87,1%).

Par ailleurs, le récipiendaire a admis que le commerce transfrontalier permettrait aux ménages vivant le long de la frontière de deux pays de tirer des revenus substantiels et des denrées stratégiques, tout en déplorant que « les échanges souffriraient du délabrement des infrastructures routières de part et d’autre de la frontière ».

L’impétrant a formulé une série de recommandations aux autorités de la RDC et celles de l’Angola, afin de rendre encore fructueux les échanges transfrontaliers.

« Œuvrer pour la mise en place d’une législation commune garantissant des échanges équitables, (…) faciliter de part et d’autre des deux frontières des mouvements des personnes par l’octroi des cartes de séjour à durée déterminée, de rendre disponible et régulièrement la parité entre le kwanza, le franc congolais et les autres devises étrangères : dollars, euro », a-t-il recommandé.

Après débats et délibération à huis clos, Jérôme Fataki a été proclamé Docteur en sciences économiques et de gestion avec la mention « grande distinction ».

ACP/UK

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