Médias : « La désinformation est devenue une arme stratégique » (Président de l’Union nationale de la presse du Congo)

Kinshasa, 30 mars 2026 (ACP).- La désinformation a été présentée lundi comme une véritable « arme stratégique » menaçant la cohésion nationale et la sécurité sanitaire, par le président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), lors de l’ouverture du « Ukweli Summit 2026 » à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

« La désinformation n’est plus un simple dérèglement du système médiatique ; elle est devenue une arme stratégique. (…) La désinformation alimente les conflits, fragilise la cohésion sociale, elle manipule les consciences, attise les tensions et, dans certains cas, recrute pour la guerre. Elle tue aussi autrement, en sapant la confiance dans les institutions sanitaires en propageant des rumeurs dangereuses lors des crises sanitaires et en exposant d’avantage les populations vulnérables », a déclaré Kamanda wa Kamanda, président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC).            

Riposte structurelle et souveraineté informationnelle

Face à ces défis, le président de l’UNPC a présenté le « Ukweli Summit » comme une réponse collective et prospective, l’objectif étant de bâtir une stratégie nationale et régionale de riposte capable de faire face aux nouvelles menaces.

« Ce sommet est une réponse collective, structurée et tournée vers l’avenir. Comprendre le mécanisme de la désinformation, y compris les nouvelles formes liées à l’intelligence artificielle, renforcer les capacités en vérification des faits et en analyse critique, construire une stratégie nationale et régionale de riposte, promouvoir un paysage critique et responsable des technologies numériques, et surtout impliquer la jeunesse, qui est à la fois la plus exposée et la plus stratégique dans ce combat, notre ambition est claire: faire émerger un écosystème informationnel crédible, résilient et souverain », a fait savoir M. Kamanda.

De son côté, Laurent Bigot, directeur de l’École publique de journalisme de Tours (EPJT), en France, a souligné la perte de monopole des professionnels des médias dans l’espace public.

« Les journalistes ne sont plus les seuls à véhiculer l’information, et surtout ils sont extrêmement minoritaires dans la circulation de l’information. Là où ils avaient quasiment un monopole sur la circulation de l’information à grande échelle, ils sont devenus totalement minoritaires et donc, ils n’ont pas d’autres choix aujourd’hui que de chercher à se démarquer de ce que font tous les autres acteurs de la circulation de l’information », a-t-il déclaré.

Les travaux du « Ukweli Summit 2026 » se poursuivent à Kinshasa, réunissant experts, professionnels des médias et acteurs du numérique, pour définir les nouveaux paradigmes de l’information en Afrique centrale. ACP/C.L.

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