Ukweli-Summit 2016 : l’assainissement de l’espace médiatique prôné pour plus de compétitivité

Kinshasa, 30 mars 2026 (ACP).- L’assainissement de l’espace médiatique en République démocratique du Congo (RDC) a été prôné, lundi, pour plus de compétitivité dans le secteur, lors du « Ukweli Summit 2026 », dans le panel « Où en est-on avec la loi sur l’accès à l’information en RDC ? », ouvert à Kinshasa, la capitale.

« Aujourd’hui, pour rendre les médias compétitifs, il faut tuer ceux qui ne répondent pas aux qualités, pour générer des médias qui sont en mesure de prendre pleinement conscience de la nature du métier, avec ce que cela suppose comme investissement permanent », a déclaré Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias, intervenant lors de ces assises. Le porte-parole du Gouvernement congolais a souligné que l’excellence journalistique est devenue un « impératif de sécurité », particulièrement dans le contexte sécuritaire actuel du pays.

« Lorsque vous êtes mauvais comptable, il faut faire des audits pour que cela soit détecté, mais lorsque vous êtes mauvais journaliste, on le repère tout de suite. Et, dans un contexte à la fois de la guerre que nous avons avec le Rwanda et de l’émergence des réseaux sociaux, avec son lot de désinformation, nous sommes biens obligés, et ça devient même un impératif de sécurité, d’avoir des journalistes qui exercent leur métier pleinement dans les bonnes conditions pour leur permettre, à chaque fois, d’avoir la bonne information », a-t-il dit.

Le doute méthodique pour lutter contre la désinformation

Face à la montée en puissance des réseaux sociaux et de la manipulation de l’information, le ministre de la Communication a appelé à la vigilance et à la responsabilité numérique.

« Le plus important n’est pas de prendre la parole en premier. Le plus important c’est de prendre la parole pour venir dire des choses qui sont vraies et vérifiables », a-t-il martelé, avant d’ajouter : « Si aujourd’hui, on commence à adopter le doute méthodique sur tout ce que nous lisons sur les réseaux sociaux (…), nous aurons déjà commencé à contribuer à briser la chaîne de la propagation de la désinformation ».

M. Muyaya a rappelé que les auteurs de violences, de chantages ou de diffusions d’images attentatoires à la dignité humaine sur les plateformes numériques s’exposent à des poursuites judiciaires.

Vers un durcissement des conditions d’accès au métier

Pour le ministre Muyaya, la précarité et la prolifération des médias de faible facture en RDC s’expliquent, en partie, par la souplesse excessive des conditions d’installation. 

« Un récépissé pour 5 ans coûtait 15.000 $, c’est dérisoire. Il passera entre 100 et 200 mille dollars américains cette année, parce que les conditions d’accès sont trop faciles pour un métier qui exige de l’investissement de manière permanente », a-t-il révélé, justifiant cette mesure par la nécessité d’améliorer la qualité des programmes produits.

Organisé dans la capitale congolaise, le « Ukweli Summit 2026 » se tient sous le thème : « Repenser l’information, l’intelligence artificielle et l’éducation numérique en temps de crise pour les cinq prochaines années ». Co-organisé avec Afya Amani Grands Lacs (RDC) et le réseau Factoscope (France), ce sommet se veut une plateforme de réflexion sur la vérité de l’information et les réformes structurelles du secteur des médias en RDC. ACP/C.L.

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