« On ne bâtira pas une économie décarbonnée avec des minerais ensanglantés » (Première ministre congolaise à l’ONU)

Kinshasa, 24 septembre 2026(ACP).- Le Gouvernement de la République démocratique du Congo s’est opposée  à toute manœuvre visant à bâtir une économie mondiale durable  à base des minerais de sang en provenance de son pays, à la 81ème session de l’Assemblée générale de l’ONU, mercredi, à New York, aux États-Unis d’ Amérique.

« On ne bâtira pas une économie décarbonnée avec des minerais ensanglantés », a fait savoir Judith Suminwa, Première ministre du Gouvernement congolais, dans son allocution, du haut de la tribune des Nations   unies.

Elle a expliqué la nouvelle  vision de la RDC dans le secteur minier, centrée désormais sur la  transformation locale de ses minerais critiques, avec ambition de développer des chaînes de valeur industrielles, créer des emplois et renforcer sa souveraineté économique.

«Notre ambition est claire. Nous ne voulons plus être seulement le sous-sol de l’économie mondiale. Nous entendons en devenir un atelier, un laboratoire et un partenaire souverain. Nous voulons transformer davantage de cobalt et de cuivre sur notre territoire, développer les précurseurs de batteries et les composants industriels, former nos ingénieurs, soutenir nos chercheurs et intégrer nos entreprises aux chaînes de valeur mondiales », a indiqué Mme Suminwa.

Cette  ambition, a-t-elle ajouté, passe notamment par la transformation accrue du cobalt et du cuivre sur le territoire national, le développement des précurseurs de batteries et des composants industriels, ainsi que par la formation des ingénieurs, le soutien à la recherche et l’intégration des entreprises congolaises dans les chaînes de valeur mondiales.

Une gouvernance des ressources stratégiques comme enjeu de paix

Dans ce même cadre, la Représentante du Chef de l’Etat congolais, Félix Tshisekedi, a  préconisé la promotion d’une approche de gouvernance privilégiant l’exploitation des ressources stratégiques comme enjeu de paix, de développement et de sécurité mondiale.

« Certaines de ces ressources qui alimentent les conflits sur son territoire sont aussi celles dont dépend une part croissante des transformations de l’économie mondiale. La gouvernance des ressources stratégiques devrait désormais être un enjeu de paix, de développement et de sécurité mondiale », a-t-elle dit.

Elle a aussi soutenu que la transition énergétique, l’électrification des transports, le stockage de l’énergie ainsi que l’expansion des infrastructures numériques et de l’intelligence artificielle accélèrent la demande de cuivre, de cobalt, de lithium, de nickel et d’autres minerais critiques.

ACP/ Ng/ Mu

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