Kinshasa, 30 septembre 2026 (ACP).- 140 membres de 7 Comités de protection communautaire (CPC) ont été formés durant deux semaines en cohésion sociale dans le territoire de Kwamouth à Maï-Ndombe et dans la commune de Maluku à Kinshasa, dans l’ouest de la République Démocratique du Congo , a-t-on appris mercredi lors d’un entretien.
« 80 membres du CPC ont été formés en cohésion sociale sur l’axe Maluku, dans le cadre du Projet Lisanga, dans les villages de Kinsele , de Bukana-Elanga, de Feshi et Mfumu-Nketo et Mampu, en raison de 20 membres par village. Pour l’axe Kwamouth, 60 personnes ont été formés dans les villages de Masiambo, de Twa et de Shomaku, toujours en raison également de 20 membres de CPC par village », a rapporté Mme Gustavine Mboyo, chargée de formation en cohésion sociale pour l’axe Maluku.
Débutée le 15 septembre 2026 à Maluku, a-t-elle expliqué, la première phase de cette session de formation s’est clôturée le 25 septembre à Kwamouth. D’après Mme Mboyo, il s’agit d’une initiative du Consortium d’ONG de défense des droits humains dénommé « Lisanga », qui œuvre pour la protection et la résilience communautaires des populations affectées par e phénomène Mobondo dans la province du Mai-Ndombe.
Pour la chargée de formation en cohésion sociale pour l’axe Maluku, ces formations, qui vont se poursuivre dans d’autres entités administratives de la contrée, contribuent à poser les bases d’une paix durable dans l’Ouest de la RDC. Elles sont initiées dans le but de doter les communautés « d’outils pour transformer les tensions en opportunités de collaboration ».
« La formation des CPC sur la cohésion sociale est le socle indispensable pour bâtir une paix durable. À travers ces formations, l’objectif ultime du projet Lisanga est de rendre les communautés actrices de leur propre sécurité et de leur propre paix. Nous ne venons pas imposer une solution extérieure, mais installer des compétences locales durables », a précisé Mme Mboyo.
L’établissement d’espaces de dialogue permanent, la réduction des incidents liés aux conflits fonciers et coutumiers ainsi que la restauration de la confiance intercommunautaire ont figuré selon elle, parmi les résultats attendus.
« Comme résultats attendus, le Consortium Lisanga vise l’établissement d’espaces de dialogue permanent à travers les CPC, la réduction drastique des incidents liés aux conflits fonciers et coutumiers ainsi que la réhabilitation de la confiance intercommunautaire permettant le retour sécurisé des déplacés », a-t-elle indiqué.
Déconstruire les stéréotypes identitaires
Durant les formations, a expliqué Mme Mboyo, les facilitateurs ont notamment insisté sur la déconstruction des stéréotypes identitaires et la gestion constructive des rumeurs, en vue d’empêcher toute instrumentalisation des appartenances ethniques.
« Nous avons mis un accent particulier sur la déconstruction des stéréotypes identitaires et sur la gestion constructive des rumeurs. Pourquoi ? Parce qu’à l’Ouest de la RDC, l’ethnie a souvent été instrumentalisée pour masquer des problèmes d’accès à la terre ou au pouvoir coutumier. En insistant sur ce qui unit les communautés : la terre partagée, le marché commun, l’avenir des enfants, nous transformons le regard de l’autre : le voisin n’est plus une menace, il redevient un partenaire », a précisé la chargée de formation en cohésion sociale pour l’axe Maluku.
Dans ce cadre, les membres des CPC ont notamment été initiés aux techniques de cartographie des risques, afin de prévenir les tensions lors de certaines activités, selon la source.
« Ils ont appris à identifier en amont les sources potentielles de tension, telles que la période des récoltes ou l’attribution des terres. Ils ont également été formés à d’autres outils, notamment le système de vérification des faits (anti-rumeur), ainsi que l’arbre à palabres moderne, destiné à garantir une médiation inclusive », a-t-elle souligné, signalant que dans le village de Kinsele, les communautés Teke et Yaka ont commencé à cohabiter grâce à l’implication du chef coutumier Teke, qui a personnellement installé un CPC composé de membres des deux communautés.
« C’est un geste d’une portée politique et symbolique historique. À Kinsele, l’épicentre de dramatiques affrontements par le passé, voir l’autorité coutumière terrienne légitimer elle-même un comité mixte est le signal que la hache de guerre est bel et bien enterrée. Aujourd’hui, nous utilisons ce cas pratique comme un miroir de réussite pour les communautés qui hésitent encore. Cela désamorce l’argument fataliste du “c’est impossible chez nous”. Kinsele prouve que la volonté humaine et le pardon peuvent triompher des pires traumatismes », a-t-elle soutenu.
Le projet Lisanga est une réponse multisectorielle et intégrée visant la protection et la résilience communautaires des populations affectées par la crise du Mai-Ndombe dans les zones de santé de Kwamouth et de Maluku 2. Il est cofinancé par la Direction générale de la protection civile européenne et des opérations d’aide humanitaire (ECHO) de la Commission européenne et mis en œuvre par un consortium de dix organisations nationales et internationales.
ACP/SN

