Kinshasa, 17 février 2026 (ACP).- Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a été encouragé à organiser un dialogue intercommunautaire avec les principaux acteurs impliqués dans le phénomène «Mobondo», en plus du processus de désarmement en cours, par des ONG actives à Maï-Ndombe, province de l’ouest du pays, lors d’un entretien mardi.
«Ce que nous voulons, il faut organiser un dialogue intercommunautaire. C’est très important. Puisque les communautés qui vivaient ensemble se sont divisées suite à une question de redevance. Il faut les mettre ensemble pour écouter les uns les autres. Ça pourra mettre fin définitivement aux atrocités», a conseillé Barthélémy Ngwangu, expert en Droits humains au sein du projet «Lisanga», menée par ce consortium d’ONG éponyme.
«Et aussi, si nous demandons et nous insistons sur l’implication des acteurs principaux de cette crise, c’est pour que les menaces ne puissent plus revenir», a-t-il précisé.
Cet acteur de la Société civile a particulièrement salué le déroulement prometteur de l’opération de désarmement menée actuellement par le Gouvernement de la République, qui doit être suivie par d’autres étapes, utiles pour la restauration de l’autorité de l’État.
«Cette phase de désarmement, pour nous, c’est un soulagement, déjà. Parce que, depuis que la crise a commencé, imaginez que c’est jusqu’à Maluku, une des communes de Kinshasa. Et notre plaidoyer tournait toujours autour de l’intervention urgente de l’État congolais. Et si aujourd’hui, le ministre délégué est sur le terrain pour le processus de désarmement, pour nous, nous trouvons que c’est déjà un pas, c’est un signal fort. Mais le plus important, c’est d’aller jusqu’à instaurer une paix durable», a-t-il fait savoir.
Pour M. Ngwangu, en effet, la démarche doit être celui d’écouter chaque partie et restaurer le vivre ensemble qui constitue un véritable un défi à relever après les affrontements entre les peuples Yaka et Teke.
Pour l’ intervention urgente et durable de l’ Etat
Le projet «Lisanga», initié pour l’assistance humanitaire et la réintégration sociale des populations victimes dans la partie ouest du pays, a fait savoir cet expert en Droits humains, a une durée limitée qui demande que l’ État l’intervienne urgemment et de manière durable, en vue de garantir la quiétude sociale et la cohabitation pacifique.
«Nous venons à une intervention urgente pour soutenir les victimes des atrocités face à la crise qui sévit sur le terrain. Mais, il y a certaines situations où le projet est limité, où il ne peut pas intervenir. Le projet doit sécuriser les populations aujourd’hui. Pour que la communauté soit sécurisée, il faut que l’État congolais intervienne (…) Nous qui sommes sur le terrain, nous récoltons les éléments et nous venons vers eux pour leur dire qu’il y a quelque chose de notre côté, il faut intervenir», a-t-il signalé.
L’année 2025 a été marquée par plusieurs attaques de la milice « Mobondo » dont les dernières datent de novembre-décembre 2025. Parmi les crimes, il faut citer les enlèvements, les viols, les vols, les pillages, et plusieurs meurtres, l’enrôlement des enfants, l’intronisation des chefs coutumiers non-autochtones (yaka), etc.
Malgré cette insécurité, le Consortium «Lisanga» continue à assister les populations affectées par cette crise qui a débuté en 2022 dans la province de Maï-Ndombe, au territoire de Kwamouth. Il s’agit précisément des villages Nkieme, Kibirika Mampu et Mampini. A cet effet, l’intervention du Projet «Lisanga» est passée de 8 à 12 villages dans la zone de santé de Maluku où le consortium travaille depuis plus d’un an.
ACP/ODM

