Plaidoyer pour un débat constitutionnel en quatre langues nationales de la RDC

Rome, 05 octobre 2026 (ACP).- Un doctorant congolais à l’Université pontificale Grégorienne de Rome (PUG), en Italie, a plaidé lundi auprès de l’ACP, pour l’organisation d’un débat sur la réforme constitutionnelle en quatre (4) langues nationales de la République démocratique du Congo afin de garantir une participation citoyenne.

« La Constitution reconnaît nos langues nationales. Il est donc important que les informations essentielles relatives au débat soient accessibles dans ces langues, pour que chaque citoyen puisse comprendre les enjeux et contribuer utilement à la réflexion nationale», a déclaré Patient Baderha.

« Il ne suffit pas d’inviter le peuple à participer. Il faut aussi lui donner les moyens de comprendre ce qui est discuté», a-t-il ajouté estimant que l’un des principaux défis du débat institutionnel consiste à rendre les enjeux constitutionnels accessibles à l’ensemble des Congolais, au-delà des cercles politiques et académiques.

Selon lui, les documents pédagogiques, les propositions, les synthèses ainsi que les explications relatives au débat constitutionnel devraient être diffusés non seulement en français, mais également en Kikongo, en Lingala, en Swahili et en Tshiluba afin de garantir une participation éclairée de tous les citoyens.

De la participation citoyenne  et de l’inclusion nationale

Il a également plaidé pour une approche reposant sur les compétences sectorielles, estimant que la Constitution touche à plusieurs domaines de la vie nationale.

« La Constitution ne concerne pas uniquement les responsables politiques. Elle touche aussi à la justice, à la diplomatie, à l’économie, à la santé, à l’éducation, à l’environnement ou encore à la décentralisation. Chaque secteur mérite l’éclairage de ses experts », a-t-il soutenu.

À l’en croire, les constitutionnalistes, magistrats, économistes, diplomates, spécialistes de la santé publique, chercheurs, universitaires et experts en administration publique devraient être associés aux discussions, aux côtés des organisations de la société civile, des femmes, des jeunes, des autorités coutumières, des opérateurs économiques et de la diaspora.

« L’expertise éclaire, les institutions délibèrent, le peuple participe et exerce les prérogatives que lui reconnaît la Constitution», a-t-il poursuivi avant de préciser que les universités et centres de recherche congolais devraient jouer un rôle accru dans le processus en produisant des analyses susceptibles d’éclairer les choix publics.

« Faire de la science un outil du débat public permettrait d’enrichir les discussions par des données, des études et des expériences comparées, plutôt que par des considérations exclusivement politiques », a-t-il affirmé.

Sans se prononcer sur l’opportunité d’une révision ou d’une modification de la Constitution, Patient Baderha a insisté sur la nécessité d’une méthode fondée sur la compétence, le pluralisme et la participation citoyenne.

« Une Constitution durable ne devrait pas seulement être comprise par ceux qui la rédigent et l’interprètent. Elle devrait être expliquée au peuple, discutée avec le peuple et comprise par le peuple », a-t-il conclu, estimant qu’une telle démarche contribuerait à renforcer la cohésion nationale et la refondation de l’État. ACP/MBE

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