Kinshasa, 05 octobre 2026 (ACP).- La nouvelle administration de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (Are) a présenté, lundi à Kinshasa, le bilan de ses 100 premiers jours de gestion, marqué par le traitement d’un portefeuille de projets énergétiques évalué à 2,3 milliards de dollars américains, lors d’une matinée de régulation.
« Mesdames et messieurs, si vous devez partir de cette salle avec un seul chiffre, retenez celui-ci : 2,3 milliards de dollars de dossiers d’investissement traités dans les secteurs énergétiques au cours des 100 premiers jours. Ceci signifie que, dans leur intention de porter des projets en RDC, les opérateurs énergétiques que vous allez voir défiler tout à l’heure sont venus avec des projets d’une valeur de 2,3 milliards de dollars. Et nous avons pu, avec nos équipes, les traiter en 100 jours. C’est un chiffre exceptionnel, considérant que, durant les cinq à six années précédentes, nous n’avions traité qu’environ 1,8 milliard de dollars d’investissements », a déclaré Soraya Aziz-Moto, directrice générale (DG) de l’Are.
Elle a expliqué que cette performance traduit une accélération du traitement des dossiers des opérateurs et une dynamique renforcée en matière de promotion des investissements dans le secteur de l’électricité. Ceux-ci, a relevé la directrice générale de l’Are, s’inscrit dans le cadre de six (6) objectifs fixés dans son plan d’action, dont la vulgarisation du cadre réglementaire.
S’agissant de la résorption du déficit énergétique Mame Aziz-Moto a indiqué que la RDC affiche actuellement un taux d’accès à l’électricité estimé à 21,5 %.
« Le déficit énergétique dans le secteur minier est estimé à environ 2.000 mégawatts, soit 2 gigawatts. Ce besoin pourrait atteindre près de 3 GW si le pays veut accompagner la transformation locale des minerais, conformément à la vision du gouvernement », a-t-elle souligné.
Concernant l’électrification des grandes villes, elle a fait savoir que le déficit est estimé entre 4 et 5 GW, portant ainsi à près de 8 GW le besoin urgent à combler à l’échelle nationale.
Dans cette perspective, l’Are a examiné 22 projets énergétiques au cours de ses 100 premiers jours, pour une puissance cumulée d’environ 2,6 GW. La directrice générale a toutefois précisé que ce chiffre correspond à la puissance potentielle de projets analysés et non à une augmentation déjà effective de la capacité installée du pays.
Lancement d’une plateforme de gestion des plaintes

Cette rencontre a également été marquée par le lancement officiel d’une plateforme numérique de gestion des plaintes, qui est un outil destiné à la réception, au traitement et au suivi des réclamations des opérateurs et des consommateurs du secteur de l’électricité.
D’après le directeur général adjoint de l’Are, Me Marco Kuyu, cette innovation vise notamment à renforcer la transparence dans le traitement des plaintes et la protection des droits des différents acteurs du secteur.
Dans le même cadre, l’Are a procédé à la remise publique d’une quarantaine d’avis favorables et de certificats de conformité aux opérateurs, en vue de faciliter la mise en œuvre de plusieurs projets énergétiques.
Cette matinée s’est clôturée par la signature de trois (3) protocoles d’accord entre l’Are et des partenaires intervenant dans les domaines du développement, de la société civile et des énergies renouvelables.
Ces accords ont notamment été conclus avec la Cellule d’analyse des indicateurs de développement (CAID), le Réseau Mwangaza et l’Association congolaise pour les énergies renouvelables et décentralisées (ACERD).
Prenant la parole au nom du ministre des Ressources hydrauliques, le directeur de cabinet adjoint Victor Matondo a félicité la nouvelle équipe dirigeante de l’Are pour ce bilan d’étape, saluant particulièrement les efforts engagés pour réduire les délais administratifs et améliorer l’attractivité du secteur énergétique.
Il a, par ailleurs, estimé que ces avancées constituent un signal positif à l’endroit des investisseurs et contribuent au renforcement du rôle de l’Are dans la transition et la sécurité énergétiques en République démocratique du Congo. ACP/AI

