Kinshasa, 24 août 2025 (ACP)-Pourquoi tant de conférences dans le monde, pourquoi de nombreuses conférences sur l’Afrique ? Telle la problématique que Docteur Julien Paluku Kahongya a essayé de décrypter ce dimanche sur son compte X consulté par l’ACP.
« A mon arrivée au Japon dans la nuit du 19/20-08-2025, et après avoir participé à la cérémonie d’ouverture de la TICAD9, j’attendais une voie intérieure me chuchoter » pourquoi tant de conférences dans le monde sur l’Afrique? Beaucoup se posent aussi cette question! La tribune de ce jour est un essai, un effort intellectuel de partager avec vous comme chaque dimanche. Nous avons tous entendu des Sommets ou Forums USA6Afrique, Russie-Afrique, Chine-Afrique, Inde-Afrique, Japon-Afrique… La QUESTION: pour quel intérêt? En effet, l’Afrique se trouve à la croisée de deux agendas : 1. L’agenda 2030 adopté par l’ONU en 2015 dont les points clés sont la fin de l’extrême pauvreté, la lutte contre les inégalités et l’injustice et la protection de la planète d’ici 2030. Il s’articule autour de 17 Objectifs de Développement Durable (ODD)universels, intégrés et indivisibles. Chacun peut les consulter par voie d’internet; 2. L’Agenda 2063 de l’Union l’Africaine, (UA). En effet, l’OUA qui est l’ancêtre de l’UA a été créée le 25 mai 1963 à Addis-Abeba. En 2063, elle aura totalisé 100 ans. Voilà pourquoi en 2015, l’UA a adopté une feuille de route dite « Agenda 2063″ pour qu’à la célébration de ses 100ans, l’Afrique soit totalement transformée en une puissance mondiale prospère, unie, pacifique et axée sur le développement de ses populations. Il existe 7 aspirations de cet agenda qui définissent la vision de l’Afrique à l’horizon 2063 : 1)une Afrique prospère 2)un continent intégré, uni sur le plan politique et fondé sur le Panafricanisme 3)une Afrique de la bonne gouvernance, de la démocratie, de la justice 4)une Afrique paisible et sûre (faire taire les armes) 5)une Afrique avec une forte identité culturelle et un patrimoine commun 6)une Afrique dont le développement est axé sur les populations et enfin 7)une Afrique en tant qu’acteur et partenaire mondial fort, uni et influent. C’est à la suite de ces 2 agendas que l’Afrique est devenue intéressante. Chacun veut se positionner soit pour se racheter du passé, soit pour dominer, soit aussi, par sincérité, pour participer au relèvement économique de l’Afrique dont l’abondance des richesses contraste avec les conditions de vie des populations. Mais en tout état de cause, les sommets et conférences avec l’Afrique sont le reflet d’une dynamique géopolitique et économique complexe et répondant à plusieurs motivations stratégiques, entre autres : 1. des intérêts économiques et commerciaux, car l’Afrique est un vaste marché de près de 1,4 milliards de consommateurs en pleine croissance; 2. une influence politique et géopolitique par les » GRANDES PUISSANCES; 3. Une concurrence stratégique en ce que chaque puissance utilise son forum pour se positionner comme partenaire privilégié de l’Afrique. Mais alors, comment l’Afrique et chaque pays y participent-ils ? Certes, il ya des avantages comme: 1. Une mobilisation des financements et des investissements; 2. Un accès à la technologie et à l’expertise, ce qui peut aider l’Afrique à décoller plus vite; 3. Une diversification des partenaires, ce qui réduit la dépendance vis-à-vis d’une seule puissance. Ici, le plus grand risque c’est des solutions importées qui ne correspondent pas aux réalités locales. Le copier-coller serait, à mon avis, fatal. S’il est vrai que l’Afrique ne peut pas évoluer en vase clos, pour réussir, elle doit évacuer les entraves notamment la corruption et asseoir une Gouvernance de qualité. Comme un agenda en main, chaque dirigeant devrait avoir l’agenda 2063 sur sa table pour savoir comment, avec quoi et quand agir en vue de planter le décor de cette Afrique-centenaire prospère, intégrée et unie en 2063. Les conférences ne sont donc pas un passe-temps car l’apprentissage auprès des autres est un moteur puissant de développement. Mais, faut-il accepter d’apprendre, quitter son confort et d’agir! Et ce n’est pas TOUT. Le débat reste ouvert…
ACP/Célestin Lutete

