RDC : 174 écoles de Kinshasa affectées par la spoliation des espaces scolaires

Kinshasa, 14 octobre 2026 (ACP).- Cent septante-quatre (174) écoles de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), ont été recensées comme étant affectées par la spoliation des espaces scolaires, selon un rapport de recherche sur la vente, l’occupation et la privatisation des terrains scolaires, présenté mercredi à Kinshasa.

« Nous avons révélé au public, composé de représentants des institutions et d’acteurs sociaux, cent septante-quatre (174) cas d’écoles affectées par cette problématique qui perturbe les apprentissages, compromet la sécurité des enfants et réduit les espaces destinés aux activités éducatives », a déclaré Serge Bondedi, secrétaire général et représentant juridique de l’organisation Youth Action for Education (YMAE).

Selon lui, la présentation de ce rapport vise à susciter une mobilisation collective et à sensibiliser les différentes parties prenantes à l’ampleur du phénomène.

« Notre objectif était de mobiliser les différentes parties prenantes pour qu’elles prennent conscience du problème », a-t-il indiqué, avant de souligner que les établissements scolaires perdent progressivement les espaces nécessaires à leur fonctionnement, à la qualité de l’éducation et à l’épanouissement des enfants dans la dignité.

À cet effet, M. Bondedi a appelé le gouvernement à prendre des mesures pour récupérer les espaces scolaires spoliés, notamment en procédant à la démolition des constructions érigées illégalement sur ces terrains, afin de permettre aux établissements concernés de retrouver leurs espaces et de les réaffecter aux activités éducatives.

L’espace scolaire, un patrimoine à protéger

De son côté, l’Agence nationale de prévention et de protection du patrimoine de l’État (ANPPE) a souligné l’importance de la protection des espaces scolaires, une question qu’elle a liée aux priorités éducatives du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

« Cette thématique n’est pas anodine. Elle rejoint les préoccupations de Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, Président de la République, qui fait de l’éducation une priorité de son action. Avec la gratuité de l’enseignement primaire dans les écoles publiques, il a voulu ouvrir les portes de l’école à chaque enfant congolais. Mais cette gratuité n’a de sens que si les enfants disposent d’écoles, de cours et de terrains pour apprendre », a déclaré Emmanuel Luzonzo, chargé de mission de cette structure rattachée à la Présidence de la République.

Il a rappelé que la vente irrégulière ou l’occupation illégale des terrains scolaires réduit les possibilités d’accueil des élèves et risque de compromettre leurs conditions d’apprentissage.

« Chaque terrain d’école vendu irrégulièrement ou occupé illégalement, c’est moins de salles de classe, des effectifs surchargés et un avenir compromis pour notre jeunesse. Protéger l’espace scolaire, c’est protéger la capacité de l’État et le droit à l’éducation », a-t-il souligné.

Le lancement public et la diffusion de cette étude a porté sur la vente, l’occupation et la privatisation des espaces scolaires et des terrains d’écoles en RDC, au regard des Principes d’Abidjan sur le droit à l’éducation. Réalisée par l’ONG YMAE, avec l’accompagnement du ministère de l’éducation nationale et nouvelle citoyenneté, cette étude de 330 pages met en perspective le droit congolais et les réalités observées sur le terrain, dans le but de contribuer au renforcement de la transparence des procédures relatives à la gestion des espaces scolaires. ACP/Yem

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