RDC : 90.000 nouveaux policiers prévus en cinq ans pour renforcer la sécurité de proximité

Kinshasa, 05 janvier 2026 (ACP).- Le renforcement de la sécurité de proximité figure parmi les priorités majeures des autorités de la République démocratique du Congo en ce début de l’année 2026, avec l’annonce du recrutement et de la formation de 90.000 nouveaux policiers sur une période de cinq ans, dans le cadre de la réforme de la Police nationale congolaise (PNC).

Cette mesure découle de la loi de programmation de la réforme policière pour la période 2026-2030, promulguée le 1er juillet 2025 par le Président de la République, Félix Tshisekedi. Présentant cette réforme lors de son discours sur l’état de la Nation, le 8 décembre 2025 devant les deux chambres du Parlement, le Chef de l’État a souligné que ce texte vise à doter la Police nationale « des moyens humains, matériels et infrastructurels nécessaires à l’accomplissement de sa mission ».

« Cette loi prévoit, sur cinq ans, l’acquisition d’équipements adaptés, le recrutement et la formation de 90.000 nouveaux policiers, la mise à la retraite progressive de 10.000 agents, ainsi qu’un vaste programme de construction et de réhabilitation d’infrastructures », a déclaré le Président Tshisekedi.

Dans ce cadre, plus de 2.000 nouvelles recrues policières sont attendues au centre de formation de Kapalata, dans la province de la Tshopo, au nord-est de la République démocratique du Congo, a précisé le Président de la République, indiquant que d’autres écoles de police seront progressivement mises à contribution pour accompagner cette montée en puissance.

Pour le Chef de l’État, la réforme de la Police nationale s’inscrit dans une vision globale de stabilisation durable des zones affectées par l’insécurité.

« À mesure que l’autorité publique se réinstalle, notre cap est sans équivoque : stabiliser durablement les espaces reconquis et organiser le retour progressif, sûr et digne de nos compatriotes », a-t-il affirmé.

L’opération « Ndobo » comme levier de sécurité urbaine

Parallèlement à cette réforme structurelle, le Gouvernement mise sur le renforcement de l’opération « Ndobo », une initiative de lutte contre la criminalité urbaine menée par les services de sécurité.

Cette opération repose notamment sur l’écoute des populations, la responsabilisation des autorités locales, ainsi que le déploiement et la formation des membres des comités provinciaux et locaux de sécurité.

Intervenant lors d’un briefing conjoint avec Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias, le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a précisé que les personnes interpellées dans le cadre de l’opération « Ndobo » devront répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.

« Des audiences foraines sont prévues pour assurer un traitement judiciaire des dossiers, dans le respect des procédures en vigueur et dans l’objectif de dissuader toute récidive », a-t-il indiqué.

Selon des statistiques, près de 8.000 présumés criminels ont été interpellés depuis le lancement de l’opération en octobre 2024, dans dix des vingt-six provinces de la RDC.

La protection des citoyens congolais constitue l’un des engagements majeurs du quinquennat 2024-2028 du Gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa. Dans son Plan d’actions, l’Exécutif indique que « la progression de la criminalité urbaine, des conflits intercommunautaires et du banditisme armé, ainsi que les menaces du terrorisme islamiste dans l’est du pays demeurent des défis majeurs à relever ».

Le coût global de ce plan d’actions est estimé à 92,9 milliards de dollars américains pour la période 2024-2028, soit une moyenne annuelle de 18,4 milliards USD.

ACP/C.L.

Fil d'actualités

Sur le même sujet